M COMME METAPHORE ...

 

Il est sur tout ce blog, question de métaphore…

Comment pourrait-il en être autrement puisque j’ai choisi de ne parler ici que d’amour et de sexualité et donc de l’impalpable ? D’autant plus impalpable qu’il évoque une forme d’amour et une sexualité bien particulières.

Dans laquelle on utilise tout un vocabulaire : allégeance, abandon, grandir, progrès, que nous employons dans des sens bien précis… Le problème étant que, même « parmi nous », ces sens précis ne sont pas toujours vus de la même façon….

Alors, métaphores de métaphores…

Les miennes seulement et celles de ceux qui s’y reconnaissent mais certainement pas à usage de vérité suprême…comme d’aucune a bien voulu le dire…( Et la jalousie suprême, au fait ?)

 

Je voudrais parler de ce mot « grandir » puisque je l’ai évoqué si souvent et récemment encore dans « Métamorphose »…

On peut à tout âge grandir…si quelque chose nous a empêché de le faire à loisir quand il le fallait.

 

J’ai été une jeune femme très libre, très autonome, très sûre d’elle, jusqu’à 22 ans environ…

Je décidais de mes choix, de mes parcours…Et ils furent nombreux et variés.

C’est singulièrement mon entrée dans la vie active  et donc dans l’Education Nationale qui m’a très vite rogné les ailes.

Post-soixante-huitarde convaincue, je ne correspondais pas au moule. On sait ce qu’il arrive de compromis en compromis…

 

Une famille venimeuse, le choix d’un compagnon non adapté ont parachevé les choses.

J’ai « survécu » comme en apnée jusqu’à 35 ans, loin de moi-même… Je n’ai plus grandi, j’ai même régressé.

J’ai accepté tous les renoncements que l’on attendait de moi, révoltée et très malheureuse à l’intérieur…

 

Puis, passé cet âge, j’ai voulu me « reconquérir »… L’intention était louable, elle ne m’a pas moins amenée aux pires erreurs, aux rencontres les plus nulles et finalement sur le fameux chat où je devais faire la connaissance de M.

 

Il faut dire que dans mon esprit de reconquête, il y avait le fait d’accepter cette sexualité « à part » qui était intrinsèquement en moi et d’aller vers sa réalisation.

 

Grandir, donc…

Vous comprendrez aisément la métaphore. Il fallait retrouver  la source des 22 ans si riches, la ramener à la surface et bâtir sur elle le nouveau « moi ». C’est ce que M. m’a aidée à faire, c’est ce qu’il fait encore. Il s’agit d’un « travail » à deux de longue haleine.

La douleur, le jeu BDSM, au milieu de tout ça, sont essentiels puisqu’ils faisaient partie de mes aspirations de toujours…

 

Disons que M. m’a permis de retrouver mon cocon, ma chrysalide, mis en berne depuis si longtemps pour me les rendre, le temps d’y revenir, d’ y « grandir » et d’en ressortir en papillon, le papillon qui promettait d’être à 22 ans et que la vie avait nié dans sa course.

 

Derrière tout cela, il y a des paroles et des gestes, bien sûr, mais eux aussi sont des métaphores.

Le but ultime étant d’amener à être, à « s’être » le plus fidèlement possible.

Pour faire une litanie de mots aux sonorités proches qui dirait tout en une ligne, j’écrirais : naître, être, n’être, renaître, re-être…

 

Je pense qu’ainsi vous aurez compris mon chemin…

Il est bien loin d’être achevé.

 

Tant mieux.

Il ne faut en aucun cas retomber dans la léthargie et l’immobilisme qui ont gâché tant et tant d’années pour moi.

 

Le vrai BDSM, pratiqué en couple fixe et amoureux, je le sais, évite cela … Parce que le dialogue et l’évolution y sont permanents.

Parce que c’est une construction continue et donc une remise en question de tous les instants.

 

Une métaphore de la vie comme mouvement perpétuel.