M COMME MELANGE POUR UN COCKTAIL ESTIVAL ( OU NOTES PARESSEUSES 1 : MEDISANCES...)

 

Quelques médisances estivales pour reprendre le fil de cette fausse « encyclo » BDSM…

Des médisances du « dehors » et du « dedans » pour sourire un peu après une lourde journée.

 

Mes vacances d’abord : elles consistent, familiales, à amener mon fils voir ses cousins, compagnie qui le ravit et l’épanouit.

Qui dit cousins dit hélas oncles et tantes.

Alors, je plante le décor : c’est dans le Grand Sud, tout au bord de l’eau, dans une ville riche où je fis il y a très longtemps mes études.

J’en suis partie….

Le premier couple, deux enseignants, y est revenu.

Côté ouverture d’esprit, on fait mieux…

L’oncle a fui il y a quelques années une salle de ciné projetant « Le Patient Anglais » tant il y avait vu une apologie de l’adultère .

Quant à la tante, depuis sa jeunesse, elle s’acharne à stigmatiser la dégénérescence de la morale qu’elle a une fois pour toutes fixée à l’année où un groupe français fit le succès de l’été avec un tube « érotique » qui s’appelait « J’ai encore rêvé d ‘elle »…

Nous n’avons pas, vous l’auriez deviné, beaucoup d’atomes crochus.

 

Le second couple n’est plus… L’oncle avait épousé une très, très jolie femme, plus âgée que lui, une femme qui n’avait pas fait d’études, qui n’eut donc jamais d’emploi mais qui se morfondit quelques dix années auprès de son mari, consciente de gâcher là ce qu’elle nommait elle-même son « capital beauté »… Un capital qu’elle aurait souhaité voir fructifier en ayant une vie aisée, ce que l’oncle - qui avait un emploi modeste - ne pouvait lui procurer.

Ils eurent deux enfants dont l’un a quinze ans aujourd’hui…

Entre temps, elle est partie et est devenue la bête noire de la famille parce qu’elle n’a pas emmené ses enfants, qu’elle a eu diverses aventures toujours finies dans le néant.

Je n’ai jamais souhaité porter de jugement sur elle. Je ne suis pas là pour ça.

 

Aujourd’hui, elle vit enfin bien, c’est à dire comme elle le désirait, avec un médecin. Ses enfants vont la voir dans « la vieille ville » où elle habite.

C’est précisément ce nouveau domicile qui est à l’origine d’une conversation un soir dans le jardin où nous nous battions contre des moustiques acharnés.

 

Le neveu annonce tout à coup un scoop : une boîte SM aurait ouvert tout près de chez sa mère : horreur générale ! On lui demande de se taire.

Il persiste et décrit une porte blindée, un écriteau « Interdit d’entrer »( ???? ndlr) et un visiteur y pénétrant habillé d’un treillis.

Le père qui est venu chercher ses enfants un soir dans cette rue a vu, lui, la porte mais en bois très épais et un client en cuir des pieds à la tête (je précise cela parce qu’il avait même la casquette !).

La conversation démarre donc, très animée, sur le danger que représente un tel lieu. Et de tels personnages.

Je joue les naïves et, puisque tout le monde semble si bien informé, m’inquiète de ce qui se passe selon eux derrière cette porte….

Le jeune garçon déclare « Ils dansent sur de la techno et après ils se battent jusqu’au sang à coups de poings »

Le père les imagine se donnant rendez vous là par Internet pour se livrer à ce qu’il qualifie soudain comme « des actes de barbarie ».

Et paf ! On dérive sur les malheureux faits divers de l’été, les néo-nazis, le vieux militaire qui a abattu des jeunes sur un parking et je comprends que pour eux tous, tout cela est mélangé et que le pratiquant BDSM est un danger en puissance.

Je tente de dévier le cours du propos en évoquant les femmes qui pourraient « fréquenter » l’endroit. La tante prof règle la question en trois expressions : « Des malades…des prostituées ( et après un silence )… des droguées, il n’y a que ça dans la vieille ville ».

Je décide de ne pas pousser le bouchon plus loin et cette discussion s’achève par une mise en garde contre la drogue adressée à l’ado .

Ravie de la soirée et de savoir les images « projetées » sur nous. Nous ferions bien, enfin certains pédants de « chez nous » feraient bien, de ne jamais oublier que c’est ainsi qu’on nous perçoit…Et que l’intolérance etc etc…

 

Bon, recherches persos faites ensuite, il n’y a pas de boîte SM dans cette rue mais une boîte gay…

Imagination, rumeurs quand vous nous tenez….Ceci-dit, les connaissant, je ne suis pas certaine que le fond du discours eut réellement été différent s’ils avaient connu la vraie raison sociale du lieu.

 

 

Ma seconde (et dernière) médisance remonte à mon retour. Elle se passe chez nous, BDSMeurs…

Je retrouve mon PC, fais un tour sur les listes MSN.

Sur l’une d’elles une femme quarantenaire passe une petite annonce déclarant « rechercher » quelqu’un pour quelques pratiques « salées ».

En cinq jours, elle a cent soixante réponses qui vont de la simple proposition de contact avec mail au portrait « avantageux » dans le détail ou bien au détail encore des prouesses inavouables de ces messieurs.

Cent soixante. Voilà ce qui s’appelle avoir le choix.

 

Le choix, vraiment ?????

Vous me direz que l’annonce en soi… Et je serai d’accord avec vous.

Enfin bref, rien de nouveau là non plus, quoi….