M COMME MEDIA ( QUANT AUX REGLES DU BDSM 2 ) ...  

Que l’humour soit avec vous….

 

 

Sur des sites ou chats BDSM, mon attention a été retenue par quelques forums.

 

Le premier prêterait quasiment à sourire : on demande aux soumises de répondre à la question « Que contient votre valise de sub ? ». Je passe sur les réponses qui divergent selon les personnes si ce n’est pour constater tout de même que les dominateurs répondant sur ce même forum en arrivent à mettre dans cette fameuse « valise de soumise » ce que contient  d’ordinaire la « mallette  du dominateur » .

Conclusion : ce n’est plus une valise mais donc une malle-cabine que les malheureuses se devraient de tirer derrière elles à croire ces messieurs…les mains vides.

 

Mais encore…

Un site donne à lire des « check-lists » de soumises remplies et d’autre part ouvre une rubrique « check-list » du dominant. Avis en préambule : aucune n’est remplie.

Qu’importe ! On va au moins enfin découvrir le pendant de ce que l’on connaît depuis des lustres version « soumission ».

Grande curiosité de ma part. Vite estompée : c’est la même liste avec seulement le pronom sujet qui change de place…

Ce qui donne par exemple :

Version soumise :

-Reprisez-vous les chaussettes de votre dominant ? ( il faut répondre si on l’a déjà fait : oui ou non et en cas de réponse négative mettre une « note » de 0 à 5, selon le désir qu’on  a de le faire un jour, 0 égale « je ne repriserai en aucun cas les chaussettes de mon dominant » et 5 « je brûle d’envie de les repriser ».)

Version dominant :

-Votre soumise reprise-t-elle vos chaussettes ? ( et le même modus operandi de réponses).

 

Comme vous vous en doutez, les questions ne portent pas sur des histoires de chaussettes mais sur des pratiques. Il est atterrant en tout cas que le dominant n’ait pas une liste propre à sa fonction. Il ne se définit donc que par ce qu’il attend ou est censé attendre de sa soumise.

Il n’est donc pas mis en condition d’être lui aussi, celui qui a quelque chose à apporter.

Lamentable.

 

Ailleurs encore : une petite annonce.

Une esclave 24/7/365 s’absentant quelques jours cherche qui va la remplacer auprès de son maître.

Allons-y encore une fois avec mon quizz favori quant aux esclaves: si elle l’est 24/7/365, que va-t-elle faire ailleurs pour une semaine ? Vous connaissez déjà mon opinion sur ce « faux statut » d’esclavage que certaines se donnent.

Deux  questions que je me pose encore :

-Cette recherche, est-ce pur altruisme ou ordre du maître ?

-Quid de la remplaçante ? Dans l’annonce, elle compte moins que pour du beurre…

 

Autre chose : un forum que l’on m’a envoyé. Une soumise s’inquiète de ne pas être à la hauteur des attentes de son maître et donc des ratages ( d’objectifs à atteindre) qui peuvent en découler.

Le fil de réponses, à deux exceptions près est béni-oui-oui, comme d’hab, du style « Oui je suis comme vous, très imparfaite et je me demande toujours plus… » ou fait référence à la punition comme « pardon » du ratage.

 

Quelqu’une a tout de même eut la bonne idée d’écrire que le ratage est souvent le fait du maître qui n’a peut-être pas suffisamment explicité sa demande.

 

Je rajouterai seulement que la relation D/s se vivant, en général, à deux, en effet si ratage il y a, il est tout au moins partagé. Par ailleurs, je pense que le seul et vrai ratage que puisse connaître une soumise est de mal choisir son maître. Et pour ce qui est de l’équation ratage= culpabilisation=punition=déculpabilisation, ça a tout de même une sacrée allure de conditionnement par le chantage affectif… Merci bien.

 

Et pour finir en riant franchement, un mail que j’ai reçu par mon profil MSN, ça m’arrive à peu près tous les deux ou trois mois :

 

« Si tu cherches un Maître je suis celui-là.

 

Signé : Le Maître ».

 

Il y en a qui ne doutent de rien !!! «  Le » Maître !!!!

Mais je suis bien certaine que, vu ma non-réponse, je n’entendrai plus parler de lui….

Cela me rappelle un peu les « faux amis » qui, une fois, qu’ils constatent qu’on ne leur servira pas, que l’on n’a pas à donner ce qu’ils attendent, s’effacent à jamais dans la nuit. Nous en avons eus tant et tant de ceux-là, aussi bien M. que moi…

 

Ces derniers-temps, j’en suis arrivée à faire des comptes, histoire d’essayer de comprendre de manière objective ce malaise que je ressens à voir tout le BDSM français se fonder sur une seule et même liste de règles.

 

Si l’on songe à des rapports « vanille » ( hétéros classiques ), il n’y a pas de règles mais une multiplicité d’abords différents. Or, nous, nous sommes accrochés à notre sacro-sainte Règle comme des sectaires.

Oubliant même qu’au Japon, la petite culotte si honnie dans nos pratiques d’ici est un objet d’érotisme intense ( voir différentes séries de photos de Norio Sugiura) ou qu’aux Etats –Unis, on va se faire fouetter l’après-midi en bermuda et foin de la robe noire et des talons hauts !!

 

Alors, pour finir, je dirai que le nombre explique beaucoup. Il y a à ma connaissance en France, une cinquantaine de couples légitimes pratiquants le SM, une autre cinquantaine le pratiquant en couple fixe mais moins légitime, une centaine donc de « vrais couples »  de pratiquants pour faire un compte rond.

 

Tout le reste, ce sont les relations occasionnelles, les virtuelles aussi, ainsi que tout le lot des fantasmeurs du bureau ou des petites heures de la nuit. Et là, sur ces trois derniers cas de figure, le nombre monte de manière exponentielle.

Alors, il est vrai que, lorsque l’on est sur des sables mouvants, il faut bien un point commun, un « truc »auquel se raccrocher parce que je crois là, oui, profondément, que malgré toutes les déchirures et les rivalités, l’homme a toujours besoin de faire partie d’une « communauté »…

 

Dommage que le point commun choisi comme référence soit cette litanie de règles et de codes figés qui pour le coup, je le répète, persistant et signant, donnent à la communauté BDSM une allure de secte….