PHOTO ARNE  JAHN

M COMME MEDAILLE ( QUANT AUX REGLES DU BDSM 1 ) ...

 

Cette série de textes « Quant aux règles du BDSM … » est le fruit de mes observations. Elle ne reflète donc que mon opinion, est  fatalement arbitraire et, en cela, n’engage que moi.

De surcroît, je me dois de préciser que pareilles idées sont infiniment minoritaires dans le milieu auquel j’appartiens. Cependant, ici comme ailleurs et comme toujours, il faut qu’il y ait des minorités qui s’expriment pour empêcher les choses de se figer de manière monolithique…

 

 

Chacun embrasse la médaille qu’il veut.

Mais de la coupe aux lèvres…

 

Nous dirons que j’ai eu de la chance. C’est un cœur qui est la médaille de mon collier.

Il y a des mois et des mois, bons pour les compter en années désormais, que je porte ainsi Ta parure ou, bien  mieux encore, notre parure.

 

Mais ceux qui édictent les « règles » de chez nous, ou qui s’acharnent à leur transmission « à la lettre » seraient surpris de ce possessif au pluriel, eux pour qui toute chaîne, tout collier et toute médaille sont le signe de l’appartenance et de l’obédience univoques, celui de la soumise à son « maître ».

Ce n’est pas par lapsus que j’ai choisi cet « obédience » et toute sa connotation religieuse…

Je sais que certains sont très prêts de le préférer, dans les buissons enchevêtrés de par « chez nous », au simple et habituel « obéissance », pourtant si convenu…

 

Je continue de lire les voix BDSM, ici et là, (j’ai le temps en ce moment avec les vacances et les forums pullulent de toutes parts, je parlerai de quelques-uns uns d’entre eux demain ) et suis toujours aussi surprise de voir que les Grands Chantres de la Règle sont parmi les premiers à la mettre d’autant plus en valeur qu’elle sert leurs intérêts du moment. Et que cela a tendance à se répéter, ma foi, un peu souvent...

 

Autrefois, dans les bals on avait le moment du changement de cavalière. Aujourd’hui, dans le BDSM, on a le moment du changement de soumise : annoncé, commenté, disséqué….

Et il revient régulièrement. Et pour les mêmes, je trouve…

Ayant dit précédemment ce que m’inspirent diverses notions : la pluralité, le partage de la soumise, l’infidélité , je ne me répèterai pas et ne m’attarderai que sur cette « valse à mille temps » des couples de « chez nous »…

 

Oserai-je dire ce que j’en pense ? Et bien, oui, je m’y risque : j’ai plus de sympathie pour les « people » à la une de « Voiçà » qui racontent leurs peines de coeur!

Ils (Elles) papillonnent, passent de l’un (e) à l’autre mais c’est souvent sans avoir fait de contrat, même de mariage…

 

Tandis que tous nos Grands Membres ont eux, bien évidemment, fait remplir engagement par la fameuse « check-list » de soumission,  signé contrats, listes de rites et chartes  à respecter.

 

Je me suis toujours demandé ce qu’il advient de ces contrats et de ces listes « rituelles » lorsque les maîtres et leurs soumises se séparent. N’ayant aucune valeur juridique, ils ne sont pas à conserver comme les papiers d’un divorce, et comme on les trouve partout, sur tous les sites, pas besoin de garder la liste des ex pour servir de modèle aux suivantes…Quoi que je soupçonne quelques paranos engrangeant tout d’... en cas de…

 

On me répondra que ce sont parfois les soumises qui sont d’actives demandeuses de ces pièces signées. Je le sais, je sais ce que sont les palliatifs à l’absence. Le problème vient du fait qu’une relation D/s, contrairement à ce que beaucoup croient ou voudraient faire croire n’est pas faite pour se situer dans l’absence. Et si malgré tout, absence il doit y avoir, le partage, la complicité peuvent advenir « normalement », sans tous ces rites factices, par l’échange, le rire, l’amour, comme pour tous les autres couples. Le téléphone existe aussi pour ça.

Encore faut-il que couple et qu’amour il y ait.

 

Je ne T’ai jamais rien signé. Tu ne m’as jamais rien demandé d’ailleurs …

 

Chacun embrasse la médaille qu’il veut.

Moi, j’embrasse souvent, en Ton absence, le cœur de mon collier. C’est un signe d’amour et non de soumission. Malgré son aspect cérébral, la soumission, encore une fois, n’est pas un état auquel l’absence convient.

 

Pour ceux-là que ça intéresserait, je ne le fais ni les yeux baissés, pas plus qu’à quatre pattes, ni les jambes ouvertes en permanence, ni les mains menottées par mes soins à Ta gloire, ou sans culotte sous ma jupe…

 

D’ailleurs, tiens, je suis en pantalon.