PHOTO GUY BOURDIN

M COMME MARKETING ...

 

L’immobilier est à la hausse. Dans certaines villes, la côte flambe.

Il faut croire que le BDSM virtuel l’est aussi. Je vous ai si souvent parlé de celui-ci sans jamais le faire de manière concrète. Alors, je vais prendre ce soir ce chemin de traverse parce que j’ai eu une sacrée surprise hier soir.

 

Ce post ne doit surtout choquer quiconque : repensez à ce que j’ai écrit dans M comme marge. Il faut admettre que parfois, dans une sexualité « parallèle », les choses sont si peu faciles que les gens passent par ces voies « parallèles », elles aussi, pour se connaître. Ou pour s’exprimer. Et puis, j’aurais mauvaise grâce si je ne reconnaissais pas que c’est sur l’un de ces sites que M. et moi, nous sommes trouvés. D’ailleurs, le même type de sites de rencontres existe sur le Net pour les personnes aux amours tout à fait « classiques ».

La seule chose scandaleuse, c’est comment certains en tirent profit.

 

Jusqu’à présent, je connaissais quatre sortes de sites BDSM sur la toile:

 

-les listes de diffusion sur MSN  ou Yahoo : entièrement gratuites, elles sont construites autour de documents, de panneaux de messages et de petites annonces. Jusqu’à il y a quelque temps, celles de MSN disposaient de leurs propres « chats » que Microsoft vient de fermer il y a quelques mois. Elles sont de qualité inégale, celle-ci étant souvent liée à la ( ou les) personne(s) qui les anime(nt).

 

-les chats gratuits (type Caramail) où l’on peut « clavarder » sans débourser un centime mais qui n’offrent que du dialogue.

 

-les chats payants par le système Allopass à 1, 68 € pour un mois (ou même pour un accès définitif) qui donnent droit à des avantages comme forums, liens, textes, articles etc…

 

-et un chat « très » payant mais très organisé avec de nombreuses rubriques qui propose un abonnement de un mois pour 9 €, de trois mois pour 22 € payable par carte de crédit avec une proposition « essai » d’ une journée de connexion à 1,68 € via un Pay pass quelconque..

Je trouvais déjà que celui-ci n’y allait pas de main morte avec la planche à billets…

Parce que 9 € le mois pour jacasser, c’est beaucoup.

Les forums étant après tout la lecture de ce que les abonnés ont eux-mêmes écrit, se targuer d’en avoir sur son site pour justifier son tarif, c’est un peu comme si U-blog nous faisait payer un « plus » pour lire les posts des autres.

A noter néanmoins que lorsque votre abonnement prend fin sur ce chat-là, c’est à vous qu’il appartient de le raviver : il n’y a pas de prélèvement automatique « ad libitum » effectué sur votre carte de crédit. Honnête.

Et important pour comparer avec la suite de mon histoire.

 

Hier soir, j’ai découvert l’horreur ! Un site plus que « dépouillé », un vrai désert en fait, qui offre seulement un chat, pas le moindre forum ni lieu d’expression, deux séries de photos niaises plutôt laides (et je suis bien bonne!), un accès à une boutique  appartenant à la même holding que le site en question ( sic !), quelques liens que l’on trouve partout avec des serveurs d’annonces et de photos…payants ( appartenant de près ou de loin toujours au même réseau), et un agenda des soirées des clubs Fetish-SM que l’on peut bien évidemment se procurer par soi-même n’importe où si l’on est intéressé.

 

Prix de l’abonnement pour « tout ça » ?

Alors, voilà. Vous êtes bien assis ?

 

D’abord, là aussi, ça fonctionne par carte de crédit.

10 euros la semaine, 30 euros le mois, 90 euros les trois mois ou bien  le « petit menu » : deux heures de dialogue via un paiement Allo pass de 1, 68 € . J’ai bien dit deux heures.

De plus, une fois inscrit par votre CB, vous êtes automatiquement débité (abonnement tacitement reconduit) si vous ne prenez pas garde à résilier PAR COURRIER avant la fin de votre abonnement ( on fait comment si on a eu l’idée de s’inscrire pour une semaine, on s’abonne et on résilie le même jour pour être plus sûr ?).

La misère sexuelle a bon dos pour certains as du marketing, tiens…J’en ai été sidérée.

 

Sans doute afin de lancer le site, l’accès est actuellement gratuit.

J’ai donc tenté une petite connexion.

Grand moment ! Rien ne marche, on vous envoie des messages, vous répondez dans le vide absolu : il n’y a pas de suite . Remarquez que je m’en fichais bien puisque j’étais là pour tester et vu la teneur des messages, je ne tenais pas vraiment à m’incruster…

Côté business, ô divine surprise, je saisis enfin tout !!

Les pseudos qui ont un certain logo arrivent par Minitel, la meilleure des machines à sous !

Je croyais que le Minitel rose ( ou noir dans ce cas) avait été enterré par les sites Internet.

Et bien je rêvais !

Alors, j’ai compris qui pouvait bien avoir intérêt à s’abonner à ce truc infernal : les hommes accros du Minitel ( qui est gratuit pour les femmes) et dont les factures de téléphone flambent encore plus vite que la côte de l’immobilier…

 

Donc hier soir pour moi, rebelote avec un retour aux airs bien connus sur un autre chat autrefois : je m’étais fait un CV indiquant simplement « femme déjà en couple, de passage seulement pour voir le fonctionnement du site » et bien mon premier contact a été pour me demander de parler de mon string ( raté, je ne mets pas ça au quotidien) et le second pour me refiler un numéro de téléphone où appeler en urgence un monsieur qui me promettait un dialogue « chaud »…

C’est sordide mais ça l’est moins que la pensée de ceux qui encaissent, là, derrière l’écran.

 

Non mais, sans rire, vous avez vu les prix de tous ces machins ? Imaginez à l’année ce que ça donne…

Et il y en a qui payent rien que pour ça…Du vent total… Moi, ça me laisse peinée et perplexe.

Ce que ça ne fait pas faire, au fond, la solitude ( à deux parfois) ou les fantasmes qui débordent !!!

 

 

Dire que je me réjouissais que ce printemps-ci, les magazines féminins nous aient oubliés. Contrairement à la tradition d’avril mai, pas le moindre petit article à la une sur le BDSM…

Pourtant, d’habitude, c’est vendeur !

Serions-nous enfin passés de mode ?

Je pensais que nous allions peut-être retourner à notre « chère » ombre…

Mais de la part de nos « chères » revues, je crains tout à coup le pire. Je parierais bien pour un article type test « Etes-vous de tendance soumise ou dominatrice ? » dans le « cahier secret détachable spécial sexe » que l’on trouve chaque année en juillet, vous savez, celui qu’on lit sous le parasol entre le pain au chocolat fondu des enfants, la crème indice soixante-quinze qui colle de partout et le coup de vent inattendu qui vous recouvre le tout de sable .

 

Aussi érotique que mon site d’hier soir, quoi…

Moins onéreux certes, ce qui n’est pas très difficile !