Hélène Mellaerts

M COMME MANILLES 9 ( RETROUVAILLES ) ...

Tu es là, avec moi, je redeviens entière.

Retrouver Ta peau, c’est retrouver la mienne.

Ton regard, c’est exister à nouveau.

 

Présence, eau de toilette, chaleur des mouvements.

Toi et moi vivants, si vivants.

Terriens, solaires, papillons au gré du printemps et sous l’air déjà si doux que nos bras nus se côtoient, se frôlent par inadvertance, prémices involontaires de caresses.

Si vivants, si fragiles, nous le savons maintenant.

Cela donne encore plus de poids à nos émois.

 

Rien de changé en nous, rien de changé sur nous… Je dis « nous » mais ne sommes-« nous » pas une unité amoureuse?

Cette estafilade si mince qui barre le milieu de Ton corps à la verticale a déchiré pendant des semaines tant de choses en moi qu’elle sera « notre » cicatrice . Elle s’atténuera car c’est une belle ligne que le chirurgien a réussie mais elle marquera notre plus forte épreuve à ce jour…

 

Si vivants à se reconnaître dans les méandres des draps, à se désirer, à se chercher, à se prendre enfin d’avoir eu si peur de se retrouver différents…

Et puis, non, ce sont toujours nos gestes et ils nous entraînent vers les mêmes chemins, vers notre univers si particulier,  et d’un coup d’oeil, sans parler, nous savons que nous allons vers les mêmes attentes, les mêmes rêves renouvelés, connus ou se découvrant, nouveaux ou d’antan, qui se déshabillent, qui s’éparpillent, dans la chambre d’ambre, qui s’avouent et se révèlent, forts ou frêles, comme nous…

 

Comme avant, comme avant.