M COMME MANQUE 24 ( LA VENUS A LA FOURRURE - SACHER -MASOCH ) ...

 

Je n’aime pas Masoch et l’ai déjà écrit : pour moi, son style est indigeste, lourd , c’est une écriture qui a hélas, fort mal vieilli. Mais qu’il m’en plaise ou m’en déplaise, la « Vénus à la fourrure » est et demeure pour beaucoup une référence… Aussi ai-je essayé d’en extraire quelques lignes pour en rendre tout de même l’atmosphère , un passage qui ( loin d’autres dialogues de ce petit ouvrage qui pèsent  des tonnes de philosophie soporifique) peut encore assez facilement s’imaginer comme intégré dans une « nouvelle » version cinématographique de cette pierre (je devrais dire de ce rocher de Sisyphe !!!) de la littérature SM …

 

«  Aujourd’hui, elle a pris soudain son chapeau et son châle et j’ai dû l’accompagner dans un bazar. Là, elle s’est fait montrer des fouets, de longs fouets au manche court, comme ceux dont on se sert pour les chiens.

«  Ceux-ci devraient aller, dit le vendeur.

-         Non, ils sont beaucoup trop petits », répliqua Wanda en me lançant un coup d’œil de côté. «  Il m’en faut un grand.

-         Sans doute pour un bouledogue ? demanda le marchand.

-         Oui, s’écria-t-elle. Comme ceux qu’on emploie en Russie avec les esclaves rétifs. »

 

Après avoir cherché, elle choisit enfin une cravache  dont la seule vue me donna le frisson.

«  Maintenant, au revoir, Séverin, dit-elle, j’ai encore quelques achats que je veux faire seule. »

Je pris congé d’elle et partis faire une promenade ; en revenant, j’aperçus Wanda sortant de la boutique d’un fourreur. »

 

     Leopold von Sacher-Masoch – La Vénus à la fourrure -