M COMME MANIERES ( 1 : A MA MANIERE ) ...

 

Il est ici souvent et beaucoup question de chaînes.

C’est normal. Je parle des chaînes au sens propre puisque j’ai voulu consacrer un blog à un mode de sexualité « à part »…

Mais pour bien les comprendre, ces chaînes, il faut avant tout évoquer les autres, celles que l’on porte au sens figuré.

J’ai toujours refusé de rechercher les « motivations à la soumission » dans une remontée vers la toute petite enfance tant pour moi, elles étaient une question de ressenti épidermique trouvé, très tôt certes, dans mon parcours mais vécu dès alors comme un plaisir.

Le « mors-moi », le bras tendu, de mon « moi » d’école primaire qui engendrait un délicieux frisson était généralement suivi d’un « à toi de me mordre » demandé par le camarade de jeu en toute réciprocité qui  ne témoigne que d’un éveil des sens précoce ( ? ) et qui s’est poursuivi chez moi sur le même « ton » au fil des ans, mais pas pour les autres… Sinon, la classe de CM1 de mon année dans le petit village de Méditerranée où je vivais alors n’aurait donné qu’une cohorte d’adultes soumis ou soumises. Ce n’est pas ce qu’ils sont aujourd'hui...

 

Je pense que mon désir de cordes et de chaînes, de douces douleurs et d’abandon mental à un autre ne s’est concrétisé que parce que, en avançant en âge, le poids des autres chaînes, lui, s’est constamment alourdi… Les tabous sexuels, la course effrénée dans le monde dit « social », le poids des diverses casquettes dont la famille, les amis, le travail m’affublent, le sens de la culpabilité que tout autour de moi m’inculque me  sont bien plus pesants que ne l’est une corde qui s’entrelace autour de mes membres…

 

Alors, soumise pour se libérer ?

Oui, c’est ce que je crois sincèrement.

Une forme de faiblesse personnelle face à ce monde de compétition qui me fait déposer les armes.

Et soit je reste prostrée, soit je rencontre quelqu’un pour m’aider à rompre les chaînes qui m’enserrent.

C’est cela que fait généralement un « maître » de chez nous, comme le fait un « maître à penser » si vous voulez.

Et soignant le mal par le mal, il vous enferme pour vous ouvrir les portes.

Ce n’est pas facile à comprendre, ni même à imaginer, je le sais.

Pourtant je sais aussi qu’en ayant dit cela, j’ai presque tout dit.

 

C’est l’interdit sexuel qui tombe en premier et qui curieusement emporte tous les autres (Ah !la force d’Eros..).

Seulement, il a fallu que quelqu’un vous fasse passer le bac pour vous amener de l’autre côté du fleuve…

Et oui, c’est la sublimation du soi qui s’ensuit à travers ce que nous appelons la « progression » dans nos pratiques…

 

Certaines personnes sont ainsi . Elles ont besoin d’une main pour les tenir debout. Les tenir avec rigueur et tendresse. Et dès lors, elles se réalisent. C’est pour cela que bien des soumises apparaissent dans le monde du quotidien comme le contraire de l’image qu’on s’en ferait, plutôt agressives et bagarreuses.

Il y a quelqu’un qui les tient en suspens au-dessus des contraintes  et qui, d’un autre côté, les contraint pour que de ces épreuves elles tirent leur force.

Certaines personnes sont ainsi. Je suis ainsi.

 

Il n’est pas facile de rencontrer la personne qui vous modèlera selon ce que VOUS voulez être vraiment (et non selon ce qu’IL veut, c’est là toute la grossière erreur des « faux maîtres » mais c’est aussi celle des gens du « dehors » qui n’ont pas compris ), qui effacera pour vous, qui ôtera de vos yeux les barrières qui empêchent de voir, de se voir, de DEVENIR. La personne qui vous amènera à briser vos chaînes imposées lorsque vous porterez par offrande amoureuse ses chaînes proposées.

Il arrive même qu’après, la soumise soit si forte qu’elle s’en aille et parte voler ailleurs, quand de la chrysalide, le papillon finalement pointe et s’ébroue, découvrant ses ailes d’or au soleil…

 

M. est cette personne-là pour moi. Mais moi, je suis un fidèle papillon amoureux. Et un papillon libre. Un papillon libre qui a choisi d’appartenir.