Antoine-Louis Barye ( 1795-1875) - Musée du Louvre

 

Tu es ma branche et mon rocher

Et ce que Tu as fait de moi

Est comme un miroir renversé

Tant je T’appartiens,

Tant je T’appartiens

Tant je ne suis qu’à Toi,

Glace sans tain

Qui ne se veut qu’appartenance

Qui ne se veut que transparence.

Ton souffle m’atteint

Autant que les maux

Que Tu me destines

Caresses lutines

D’un amour si beau….

 

Tu es ma branche et puis mon tronc

Il n’y a que là où pouvoir poser

Mon corps mes soucis apaiser mon front

De cette ride qui y naît

De mes blessures présentes et passées.

Qui dira jamais qui dira jamais

Combien à genoux on trouve son âme

Combien un collier, partage des flammes,

Unit les deux êtres qui se sont liés ?

M’oublier en Toi, m’oublier en Toi,

N’exister qu’en Toi,

Me laisser porter par l’odeur des pins,

Pins parasols, pins maritimes,

Pins tous unanimes

 

A taire le vent

Lorsqu’il le faut, quand

Je suis prosternée

Yeux pleins de buée,

Douleur et plaisir

Amour et douleur,

Mendiant Ton désir

Mendiant Ton cœur

Et que je jure

Et que je promets

Dans le silence qui rassure

Dans le silence sacré

De n’être rien et d’être tout

Quand je te dis Tu comme on dirait Vous…

 

Je suis l’esclave fière

D’avoir été l’élue,

Je suis la femme entière

Qui t’a plu…

Tous mes mots, je Te les destine

Et tous les gestes qui m’animent

Me portent vers Tes pas

Me portent vers Ta voix.

Je  ne peux vivre que par Toi,

Je ne peux vivre que pour Toi,

Ma branche vive et ma fontaine :

C’est Ton sang qui est dans mes veines,

Ta sève dans mes yeux si doux

Et Ta source au pli de mon cou…