M COMME MADRIGAL ...

 

Contrastant singulièrement en cela avec les autres posts du panneau de messages commun, il y a quelques semaines, sur une liste, un « Dominateur » a passé une annonce intitulée ainsi :

« Et si la domination se voulait douce ? »

Méfiance ! me suis-je dit à lire ce titre…

Et puis non, apparemment non, à en lire un peu plus, le monsieur en question (qu’il me pardonne d’avoir repris son titre !) semblait avoir un discours tout à fait clair et en conformité avec de vraies idées.

 

Je le cite ici aujourd’hui car il n’est nul besoin de dire combien une telle approche de la relation D/s m’a fait plaisir mais aussi en pensant aux « Grands Maîtres Patentés », qui touchent du doigt le ciel à répéter à l’envi combien ils sont d’implacables dompteurs . J’imagine la tête qu’ils auront fait si d’aventure eux aussi sont tombés sur cette annonce. Mépris, dédain : tout y sera passé !

 

Alors qu’ils auraient peut-être eu là quelque chose à entendre….

 

Pourquoi tant de « Maîtres » autoproclamés n’ont-ils pas de soumise ?

 

Peut-être que quelques-uns, à voir les choses par ce nouveau bout de la lorgnette ( celui de la complicité et du respect par lequel il fallait entendre ce mot de « douceur »), finiraient par « rencontrer »…

 

Je me suis toujours demandée pourquoi la plupart des relations BDSM que j’avais vues naître  (ou vécues moi-même) avaient été vaines, n’avaient pas franchi le cap du temps…

S’il est une seule chose dont je sois convaincue aujourd’hui, c’est que cette relation implique les personnes tout autant qu’un amour les impliquerait. Même s’il n’y a pas d’amour entre les deux « acteurs » ( je n'impose pas à tous de vivre comme moi et peux comprendre ce choix ), il doit exister quelque chose qui le supplée mais qui soit aussi fort. N’oublions pas qu’il s’agit d’une forme de la sexualité qui est avant tout cérébrale et qui demande donc une fusion hors pair…

Or, la plupart des prétendus dominateurs ( et même quelques dominatrices ) veulent avoir les clés de cet univers sans payer le prix d’entrée. Pour les hommes, et je l’ai dit souvent ici, il n’y a là derrière que la recherche d’un « lieu » où mettre en œuvre des fantasmes bien croustillants : le résultat étant qu’ils ne trouvent personne ou que toute tentative avec l’un d’entre ceux-là est fatalement mort-née…

Certaines dominas, elles, ne se conçoivent que munies d’un cheptel et tous les soumis ne sont pas des moutons… Même résultat donc.

Que d’amertumes, que de déceptions se cachent derrière les déclarations et fanfaronnades de beaucoup… Et quant encore ils ne jouent pas entre eux au jeu des «  Renseignements Non Secrets »…

Que d’amertumes aussi chez ceux qui désiraient se soumettre pour faire un véritable don de soi, érotique et psychique.

Et que de blessures infinies lorsque l’on s’aperçoit que l’on a été « utilisé » par quelqu’un dans ce monde à nous…La déception, je le répète, est souvent semblable au pire dépit amoureux. Parce que ces relations « différentes » sont tout sauf légères… Le marivaudage n’a pas sa place dans le BDSM. Contrairement à ceux que beaucoup professent et affichent. Ils devraient se tourner directement vers l’échangisme, plus proche de leur « philosophie »…

 

 

En tout cas, souhaitons au Monsieur de la petite annonce d’avoir trouvé sa Dame. Lui le méritait bien qui avait compris tant de choses : que le fantasme n’est pas forcément le délire, que le SM n’est pas fatalement la bravache et la cravache…

 

Au fait, un « madrigal » est une forme de composition musicale née en Italie au 14 ème siècle autour d’une petite pièce en vers exprimant de tendres sentiments….