L COMME LITTERATURE : " HISTOIRE D' O" : TOUJOURS REAGE, TOUJOURS CREPAX ...              

 Et encore ce soir, de la même et illustré par le même…

 

 

 Tout à l’exception des rideaux, et du panneau tendu de même étoffe contre lequel s’appuyait la tête du lit, et de  deux petits fauteuils bas recouverts du même chintz, tout était blanc dans cette chambre : les murs, la courtepointe du lit aux quenouilles d’acajou et les peaux  d’ours par terre. Ce fut assise dans un fauteuil qu’O écouta son amant. Il lui dit tout d’abord qu’il ne fallait pas qu’elle se crût libre désormais. A cela près qu’elle était libre de ne plus l’aimer et de le quitter aussitôt. Mais si elle l’aimait, elle n’était libre de rien. Elle l’écoutait sans mot dire, songeant qu’elle était bien heureuse qu’il voulût se prouver, peu importe comment, qu’elle lui appartenait, et aussi qu’il n’était pas sans naïveté, de ne pas se rendre compte combien cette appartenance était au-delà de toute épreuve. Mais peut-être qu’il s’en rendait compte, et ne voulait le marquer que parce qu’il y prenait plaisir ? Elle regardait à terre pendant qu’il parlait mais lui non, n’osant pas rencontrer son regard. Lui était debout et marchait de long en large. »

 

     Histoire d’O - Pauline Réage – Jean-Jacques Pauvert –