" Si je photographie depuis longtemps des filles ficelées, ce n'est pas parce que je peux les ficeler corporellement, mais parce que je ne peux pas les ficeler mentalement. Ce que je veux photographier, c'est la réaction de quelqu'un lorsqu'un regard lui est jeté, lorsqu'on le touche, ou lorsque des mots lui sont adressés. On peut tout photographier, mais on ne peut pas maîtriser le cœur de quelqu'un ".

 

Nobuyoshi ARAKI (auteur de cette photo)

 

Tournez les jolies soumises

Toutes en rond !

Vous serez telles cerises

Suspendues au plafond.

 

Le Grand Méchant Loup

S’endort très lentement,

Ses rêves aigre doux

Lui font peur souvent…

 

Vous tournez telles un mobile,

Au ciel de son lit.

Vous lui rendez plus facile

La tombée de la nuit.

 

Le Grand Méchant Loup

Fut jadis enfant,

Un enfant blessé d’où

Son mal-être permanent.

 

Tournez petites soumises,

Chair fraîche pour

Les longs crocs qu’il aiguise

Au long des jours.

 

Le Grand Méchant Loup

Qui fuit son passé

Se berce de vous

Pour ne pas sombrer.

 

Vous êtes une ombre de proie

Et vous souffrez pour

Ce qu’il ne retrouve pas

Dans aucun amour.

 

Le Grand Méchant Loup

Qui possède tout

Doit encore posséder

Jamais rassasié.

 

Tournez mignonnes soumises,

Mouches appâtées,

Vos gémissements le grisent,

Démultipliés.

 

Le Grand Méchant Loup

A jeté ses rets

En douceur vers vous

Pour mieux vous tromper.

 

Vous êtes compensation,

Vous qui tournez en rond,

Vous ne trouverez pas, non

De réponse à vos questions.

 

Le Grand Méchant Loup

N’a rien à donner,

Tout à dévorer de vous

Sang, vitalité.

 

Comme une glace à boire,

Vanille ou chocolat,

Pour oublier les miroirs,

Vous n’êtes que ça.

 

Le Grand Méchant Loup

Va vous croquer !

De vos cous si doux

Faire une bouchée….

 

Vous êtes la proie dans l’ombre

Où il noie son noir

Les nuits bien trop sombres

Où il manque d’espoir.

 

Mais si le Grand Loup séduit

Ses soirs de blues

Celle qui vit près de lui

Est sa fleur jalouse.

 

Au carrousel des soumises,

Vous serez toujours perdantes

Pauvres, frêles Mona Lises

Ames errantes.