BDSM Lourde Chaîne.

Photo « venue » du Web.

 
 
Vous qui lisez mon blog BDSM,
Vous qui, comme moi, tenez un blog BDSM,
Vous qui lisez des blogs « en général »,
Vous qui tenez un blog « en général »,
 
il faut que vous sachiez que le monde des blogs et celui des blogueurs est gravement menacé depuis quelques semaines, depuis le 3 mai précisément.
Un sénateur, Jean-Louis Masson, a déposé une proposition de loi visant à lever l’anonymat des blogueurs (« professionnels » et non professionnels) sur Internet.
 
Dans le but « déclaré » (mais totalement farfelu puisque la LEN a déjà « bétonné » cette possibilité) de lutter contre des propos diffamatoires qui pourraient, selon le Sénateur, être colportés sur le Web sous le couvert de l’anonymat, il s’agit purement et simplement d’obliger les personnes qui publient un weblog à indiquer sur celui-ci « leurs nom, prénoms, domicile et numéro de téléphone s'il s'agit de personnes physiques » (l’intégralité du texte de ce projet de loi est disponible ici).
 
C’est la mort des blogs si cette loi passe.
 
Je prendrai seulement mon exemple perso : si elle en venait à compléter la LCEN de 2004, je devrais sur l’heure tout bonnement appuyer sur la touche « supprimer », non parce que j’aurais soudainement eu honte de ma sexualité BDSM mais parce qu’il est hors de question que mon nom - qui est avant tout pour moi celui que porte mon fils - figure sur cette page.
Pas plus que je ne me promène dans la rue avec ma carte d’identité scotchée sur le visage, il n’est pour moi envisageable que mon téléphone ou mon adresse soient présents sur ce site.
 
Il s’agit d’une question grave qu’il faut directement relier à celle de la liberté d’expression.
Celui qui publie sous anonymat le fait pour des raisons familiales ou professionnelles.
Cependant, le monde des blogs « anonymés » dans son immense variété et sa richesse (tout le monde aura saisi que sont ciblés ici tous les weblogs et non seulement ceux ayant trait à l’érotisme) apporte réellement depuis 2001-2002 une grande bouffée d’air à La Toile.
Nous ne saurions plus, ni vous ni moi,  nous en priver.
 
Aucune loi de ce type n’est prévue en un autre pays.
Pourquoi l’Hexagone devrait-il se distinguer par cette atteinte aux libertés ? Une atteinte qui n’est, d’ailleurs, pas la première.
Souvenons-nous d’Hadopi, Loopsi etc.
 
Et si encore les lois liberticides ne s’appliquaient qu’à Internet mais notre nation qui est - ne l’oublions jamais - celle des philosophes du Siècle des Lumières tend désormais à se distinguer par son arsenal de législations répressives dans tous les domaines !
Nous avons bien compris que, une fois levé le voile de l’hypocrisie des mots, cette loi que l’on veut inscrire dans notre société n’a qu’une visée, politique celle-ci, qui est d’empêcher d’exprimer toute critique et/ou opposition quant au gouvernement actuel.
A deux ans d’une nouvelle élection présidentielle, les blogs font peur car ils peuvent être le vecteur d’une opinion non formatée, non consensuelle (on sait comment ils portèrent le « non » à la Constitution Européenne).
 
Parce que nous sommes las depuis un bon moment de tout ce flicage permanent, nous irons - que nous soyons blogueurs ou lecteurs de blogs - signer immédiatement la Pétition lancée par Pierre Chappaz de Wikio ainsi que Philippe Aigrain de La Quadrature du Net, Jean-Baptiste Clot de Canalblog, Olivier Creiche, PDG d'EZ Embassy (distributeur du service TypePad), Jean-François Julliard, secrétaire-général de Reporters sans frontières, Frédéric Montagnon d'Over-blog, Tristan Nitot de Mozilla Europe, Philippe Pinault de Blogspirit/Hautetfort sur ce lien, (attention, prenez patience, la page est particulièrement longue à se charger !).
 
Si vous passez par chez moi et que vous soyez vous aussi blogueur, relayez cette info et cet « Appel pour la défense du droit à l’anonymat sur Internet » sur votre weblog.
 
Si vous êtes simple lecteur, signez malgré tout afin de nous permettre à tous de continuer à exister et à vous donner, jour après jour, un peu de nous avec ce plaisir du partage qui ne saurait en aucun cas être matière à légiférer.
 
Sinon, un de ces matins, vous viendrez chez nous où nous vous avons - toutes et tous, nous les blogueuses et les blogueurs - si volontiers et si longtemps invités mais ce sera pour ne plus nous trouver…
 
Les chaînes du BDSM portées par amour ne sont rien contre la liberté d'être, celles qui menacent d’entraver la libre parole sont autrement plus terribles.
Ne laissons pas celles-ci s’installer en France...