Alain Bashung - DVD « Alain Bashung à l’Olympia » - Universal - 2009.

Alain Bashung - Scan du DVD « Alain Bashung à l’Olympia » - Universal - 2009.

 
 
 
« …Et que ne durent que les moments doux… ».
« Osez Joséphine » - Alain Bashung / Jean Fauque (1991).
 
 
14 mars 2010, 12ème mois, un an, fin de l’ « année resplendissante »…
 
 
 
Il y a un an, Alain Bashung nous quittait, à peine une quinzaine de jours après avoir prononcé les mots fatidiques « Je nous souhaite une année resplendissante » lors des Victoires de la Musique.
Ce « nous », je ne l’ai jamais oublié et, caillou après caillou, mois après mois, j’ai déposé une note ici à chaque 14, de sorte que cette année resplendissante, il lui soit quelque part conféré de la partager avec « nous », comme il le désirait…
 
Si beaucoup parmi vous m’ont suivie en ce chemin, c’est qu’ils savaient mon remords : prise par les aléas d'un tourbillon qui me dépassait, je n’avais pas, après la sortie de « Bleu Pétrole », suivi le parcours de Bashung en sa vie et en sa tournée.  
C’est seulement 48 heures avant les « Victoires » que j’avais connu sa maladie.
Et évidemment, quelques mois plus tôt, lorsqu’il s’était produit dans ma ville, toujours obnubilée par mes soucis, j’avais manqué le concert, je n’avais pas honoré le dernier rendez-vous d’amour que Bashung donnait à son public.
 
Pourtant, si un chanteur a marqué ma vie pendant trente ans, ce fut bien lui.
Et c’est à lui que je ne suis pas allée dire « adieu » quant il l’aurait fallu.
Il m’en est resté cette plaie ouverte, ce geste non rendu, l’absurdité du destin qui fait que l’on ne remonte pas le temps, que les erreurs ne se réparent pas.
 
A sa sortie fin novembre, j’ai acheté le DVD des concerts à l’Olympia. Il était demeuré emballé depuis.
Je ne pouvais pas me décider à l’ouvrir, à le placer dans mon lecteur, à le regarder.
Devais-je ou non par le truchement de l’image figée à jamais sur pellicule assister à ce que j’avais raté ?
En avais-je seulement le droit ?
 
La mort de Bashung, c’est par téléphone que je l’ai apprise, encore en retard, ce samedi soir-là d’il y a un an.
J’étais au cinéma quand elle a été annoncée sur les ondes.
Et c’est mon fils qui m’en a prévenue en un message vocal bouillonnant de sanglots que je n’ai reçu que plus tard.
Son message, nous avons été deux à l’entendre à la sortie du film.
Il ne reste aujourd’hui plus que moi.
 
C’est donc à mon enfant que j’ai laissé le choix que nous soyons lui et moi, ou non, les « spectateurs virtuels » de cette dernière tournée.
Il a voulu que, oui, nous revoyions hier Bashung vivant sur ce DVD.
Je ne le regrette pas.
Ce melting-pot de deux concerts n’est pas une « figure imposée » : seule la beauté déchirante de « L’imprudence » y est présente avec toutes ses fulgurances.
 
Les douze pierres des mois de l’an étant posées, je n’écrirai donc plus sur Alain Bashung.
Mais sa mémoire ne s’éteint pas pour autant sur ce blog.
Il y demeurera présent au détour d’une citation, d’un jeu de mots dans mes pages, parfois, souvent…
 
L’année n’aura été resplendissante pour personne parmi celles et ceux qui se sentent concernés par le monde comme il va.
Dans le monde entier, les ouragans ont sévi, la terre a tremblé, la pauvreté a augmenté, les conflits ont montré leur visage hideux.
« Résidents de la République », l’un des titres de « Bleu Pétrole »,  était un texte politique.
Il nous donne beaucoup à réfléchir en ce jour d’Elections Régionales dans notre pays où, à tout instant, quelque chose de plus se déglingue de l’idéal social et républicain.
 
Mon année personnelle n’a pas non plus été resplendissante. Je n’y reviendrai pas.
 
J’écoute Bashung chaque jour.
Chaque jour, je découvre un quartier de lune nouvelle dans cette voix qui ne va jamais s’éteindre.
 
Que faut-il alors « lui » souhaiter, « nous » souhaiter pour toutes les années à venir ?
Juste les mots mis en exergue de ce post.
Si quelque chose doit durer, « Que ne durent que les moments doux… »…