Edvard Munch "Vampire II" 1895, Collection Particulière, "Edvard Munch ou l''Anti-Cri', exposition à la Pinacothèque de Paris 2010.

Munch "Les Mains" 1895, Collection Particulière, « Edvard Munch ou L’ ‘Anti-Cri’ », une exposition du 19 février au 18 juillet 2010 à la Pinacothèque de Paris.

Munch "Baiser sur les cheveux" 1915, Collection Particulière, « Edvard Munch ou L’ ‘Anti-Cri’ », une exposition du 19 février au 18 juillet 2010 à la Pinacothèque de Paris.

Munch "Nu Agenouillé" 1922, Collection Particulière, « Edvard Munch ou L’ ‘Anti-Cri’ », une exposition du 19 février au 18 juillet 2010 à la Pinacothèque de Paris.

Tous les tableaux d’Edvard Munch présentés ici © Collections Particulières.

 
 
 
Des trois expositions parisiennes que j’ai pu visiter, je vous en épargnerai deux.
Tout d’abord, « Soulages » (afin d’éviter que le débat fasse rage !), ensuite « elles@georgespompidou » (car en ce 8 mars qui marque la centième « édition » de la Journée Internationale des Femmes, traiter en une page de plus d’un siècle d’art féminin serait injurieux.)...
 
Reste donc la troisième, celle de la Pinacothèque, « Edvard Munch ou l’’Anti-Cri’ » qui se tient depuis ce 19 février jusqu’au 18 juillet 2010 et rassemble 60 toiles et 40 graphismes, la plupart en provenance de collections privées, se proposant de tordre le cou à l’idée reçue que Munch n’est le peintre que d’un seul tableau, ce fameux « Cri » qui connut son heure de gloire définitive à nos yeux lorsqu’il fut volé en 2004 pour être finalement retrouvé en 2006.
 
Grandement concurrencée par l’exposition Turner, « Munch ou l’ ‘Anti-Cri’ » offre une possibilité de visite intimiste: on n’est pas obligé de faire des pieds et des mains, de ruser pour fendre la foule afin d’admirer les œuvres.
 
Et quelles œuvres !
Car Munch, s’il est considéré comme le plus grand dans son pays de Norvège, n’usurpe pas cette place, loin de là.
Artiste précurseur, moderne parmi les Modernes qu’il ne connut pas et qui, pour certains, ne naquirent que longtemps après sa disparition, Munch, c’est donc tout sauf l’académisme et c’est aussi bien autre chose que « Le Cri »…
 
Supports variés, versions nombreuses d’une même idée de départ, couleurs changeantes, cinétique, cela, c’est Munch pour une période qui va de 1880 à 1944, toujours avec originalité et sans crainte des ruptures, tant face à ses propres œuvres qu’à celles des peintres avec lesquels il travaille parfois en « ateliers ».
 
Face à l’art, on reçoit toujours un peu de ce que l’on a apporté.
Ainsi, dans l’image de la femme que Munch véhicule, je trouve encore, moi, les traces d’une représentation BDSM qui n’a jamais existé - il faut que je le signale haut et fort - dans l’esprit de l’artiste.
 
Mais celui-ci, dans ses premiers travaux, montre des femmes vampires et un certain fétichisme de la chevelure.
« Vampire II », de 1895, saisit l’homme noyé dans les cheveux de la femme qui s’apprête à lui mordre le cou, « Les mains », de la même année déploient une multitude de mains masculines tendues vers une femme narquoise à la longue chevelure rousse : c’est le temps où Munch affirme dans ses écrits une sensation de crainte envers la féminité, crainte doublée d’une fatale attraction.
 
Ce n’est qu’en 1915 que cette chevelure apparaîtra dans « Baiser sur les cheveux » toujours comme un objet d’adoration mais d’une adoration paisible et réconciliée.
Là encore, il faut prêter foi aux déclarations manuscrites de Munch qui en témoignent, la femme a repris dans sa vie sa place « naturelle » et n’est plus motif d’appréhension.
 
La plus belle toile de l’exposition est pour moi le « Nu agenouillé » de 1922.
Bien sûr, je m’y projette et c’est cela qui me permet d’y voir un acte de soumission, un reflet BDSM qui ne peut que m’être personnel…
 
Vous irez voir Munch à la Pinacothèque de Paris avec votre regard à vous, ce sont d’autres œuvres qui vous charmeront (des paysages, des portraits, une tentative cinématographique..).
 
La seule chose dont je puisse vous assurer, c’est que, charmés, vous le serez !