BDSM Shibari et Bambou photographie et suspension d'Hikari Kesho.

BDSM Shibari et Bambou photographie et réalisation d'Hikari Kesho.

BDSM Shibari et Bambou photographie et suspension réalisées par Hikari Kesho.

BDSM "Shibari" flyer de l'exposition d'Hikari Kesho à Padoue (Italie) du 5 au 27 février 2010.

Photographies © Hikari Kesho.

 
 
 
J’écrivais ici l’autre nuit combien je fantasmais sur le bambou dans le shibari.
C’était sur la note consacrée aux dessins de Turk et je dois bien reconnaître que l’illustration présentée était un peu pauvre.
 
Si je « fantasme » sur cet « objet », c’est parce que jamais je n’ai eu l’occasion - moi qui suis si passionnément éprise de bondage tant je considère à la fois que c’est un art, une esthétique en soi mais aussi la plus belle manière qu’ont les deux partenaires pour exprimer leur « lien » d’amour - d’expérimenter cette façon d’être attachée.
 
Au cours des dernières années, la personne en Europe que j’aie pu voir manier le plus  parfaitement ce bambou est Hikari Kesho dont j’ai déjà parlé à deux reprises sur mon blog.
 
Dans le BDSM existent (et c’est peu de le dire !) différentes chapelles.
Dès qu’il s’agit de bondage, c’est pire encore.
Et si, au sein du bondage même, on ne distingue que le shibari, on entre dans des querelles à n’en plus finir.
 
D’Hikari Kesho, je dirais sans l’ombre d’un doute qu’il est un « nawashi ».
Sans l’ombre d’un doute pour moi.
 
Mon ami « Poisson Rouge » me faisait tout récemment remarquer qu’à son avis, ce n’était pas le cas et que le seul occidental auxquels les Japonais aient jamais reconnu ce titre était Steve Osada.
Dont acte.
« Poisson Rouge » en sait bien plus que moi sur l’Histoire du shibari et ses différentes méthodes et il ne me viendrait pas à l’idée de contester son opinion d’autant plus qu’il m’a incitée à noter quelques erreurs - des parties vraies et d’autres fausses d’un point de vue chronologique sur la possibilité d’utiliser ou non certains termes japonais - dans la page où Kesho traite de cela sur son site.
 
Cela dit, « Poisson Rouge » ne contestait pas, lui, la beauté des réalisations d’Hikari Kesho.
 
Alors, vrai « nawashi » ou pas, il ne demeure au final à mes yeux que ce sentiment d’esthétique rare et cette poésie qui émanent des clichés qu’Hikari Kesho -  par ailleurs photographe renommé sous son vrai nom d’Alberto Lisi - tire de toutes ses créations personnelles de liens et de cordes.
 
Lorsqu’il y joint un bambou et que toute la mise en place de la suspension ou de la figure d’entrave tourne autour de celui-ci, je trouve qu’il touche au sublime.
On croit entendre le vent souffler dans les jardins nippons, pénétrer dans le mystère des maisons de thé et s’impose alors une atmosphère de perfection de la beauté…
Femme-toile, cordes-couleurs, cordes-pinceaux, bambou-signature de l’œuvre…
La contrainte érotique donne alors une sculpture vivante dynamique.
 
Le BDSM, le bondage, le shibari, c’est beaucoup de technique. Peu la possèdent.
 
Mais le BDSM est aussi une sexualité qui peut être celle de n’importe qui.
Heureusement.
Et là, toute notion de performance s’envole. Ne reste que la part du rêve et de l’amour.
Même pour le bondage ou pour le shibari.
 
Moi, je chante le corps érotique, je chante le corps amoureux.
 
Un jour, je ferai la rencontre d’un homme qui m’amènera sur un bambou comme sur un tapis volant - maladroitement et en s’emmêlant dans l’exécution des nœuds peut-être - et qui m’offrira pourtant mon fantasme.
 
Parce qu’il fera ça avec son amour pour moi, parce que je le vivrai avec mon amour pour lui…
 
 
 
 
 
 
NB : La dernière photographie présentée (remarquable même sans bambou !) est le « flyer » de l’exposition d’Hikari Kesho, « Shibari », qui se tient actuellement en Italie, à Padoue, jusqu’au 27 février 2010.