BDSM Tableau Craig La Rotonda.

Tableau © Craig La Rotonda.

 
 
 
...Et parfois, je partais sans te dire où j’allais.
J’aimais te défier en tes moments d’inattention.
 
Je rentrais avec des cernes foncés que le soir rendait presque indigo.
Comme une incitation à me marquer, ailleurs, du même bleu…
 
J’avais les traits tirés, fébriles, affamés.
Je t’offrais une voix de tourment, de luxure et de miel que je ne reconnaissais pas moi-même, une voix de louve.
Comme une supplique pour me domestiquer.
 
Je rentrais avec les talons maculés de la boue des parcs, un parfum intense de fleur sauvage.
Je savais que tu n’étais pas invulnérable - ni insensible - à l’essence essentielle, ma fragrance à moi seule…