Nobuyoshi Araki, « Bondages », une exposition à la Galerie Daniel Templon de Paris du 20 au 25 juillet 2009.

Nobuyoshi Araki "Bondages", photographies en numérique, 2009.

Nobuyoshi Araki "Bondages" photographies en couleur et en numérique, exposition à la Galerie Daniel Templon de Paris du 20 au 25 juillet 2009.

Toutes les photographies © Nobuyoshi Araki.

 
 
 
Nobuyoshi Araki va très prochainement présenter à la Galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg, à Paris une exposition, « Bondages », composée de ses dernières photographies de … bondages.
 
La photographie d’Araki n’est pas faite pour être vue sur le Web, reproduite au hasard de quelques blogs comme le mien.
Il faut se trouver devant elle pour en éprouver de l’émotion, pour en saisir toutes les subtiles nuances.
Je parle ici d’expérience pour lui avoir beaucoup « couru » derrière, d’un cliché rencogné sur une paroi de la FIAC aux classeurs de son représentant français, le galeriste Kamel Mennour, et jusqu'à la rétrospective italienne « Araki Gold ».
 
Si vous pensez l’aimer, si vous voulez le découvrir, ne manquez pas ce rendez-vous parisien et prenez date dès aujourd’hui : l’éclat de la beauté ne sera que très fugitif, cinq jours seulement du 20 au 25 juillet 2009.
 
Vous allez voir les tous derniers clichés de bondages d’Araki, en numérique et en couleur.
 
Quelques-uns diront d’entrée qu’il faisait mieux avant.
Certains pourront regretter que l’exposition se limite à ces nouveautés de 2009 et ne reprenne pas des photographies plus anciennes ou en noir et blanc.
D’autres penseront que le « bondage » est la carte de visite européenne d’Araki et qu’il est bien plus que cela, que l’essence de sa photographie - même dans le seul champ de l’érotisme, même en laissant de côté tout le reste, c'est-à-dire soixante pour cent de son oeuvre - dépasse de loin le thème des femmes ligotées…
 
Ils auront tous raison.
 
Cependant, je persiste : mieux vaut s’être trouvé confronté face à face avec une seule photo d’Araki que de ne le connaître que par le Net.
Peu importe qu’il s’agisse de l’image d’un chat, d’une commerçante tokyoïte, d’un ciel nuageux, d’une prostituée devant sa porte ou d’une femme dans ses liens.
 
Araki photographie la vie et la mort, la nostalgie de la vie prise inexorablement dans les rets de la mort.
Etre conscient de cela est si destructeur qu'il n’y a que la tendresse pour apaiser.
 
C’est en cela que les « bondages » d’Araki sont sans doute les plus beaux au monde.
Il dit : 
« Les cordes sont comme une caresse. Elles enlacent le modèle comme le feraient mes bras. »
Et, si vous vous approchez de l’une de ses photographies de « kinbaku », c’est exactement ce que vous ressentirez: l'érotisme de l'apaisement.
 
Pour ma part, je lui dois d’avoir persisté dans le BDSM au cours des ans.
Il m’arrive souvent de penser que, pour avoir reconnu et nommé mon propre frisson sadomasochiste dans mon adolescence à la lecture « libertaire » d’un compagnon de route du Surréalisme, la logique aurait voulu qu’à découvrir beaucoup plus tard les règles de l’univers BDSM, le grand nombre d’imbéciles qui les édictent ou qui le peuplent, je m’enfuie le plus loin possible de cette galaxie.
 
Heureusement, il y avait pour parler à mes sens avec les mots qu’il faut, la photographie et l’art d’Araki…