Pina Bausch Café Müller.

Pina Bausch Orphée et Eurydice.

Pina Bausch Bamboo Blues.

Pina Bausch Sweet Mambo affiche officielle Théâtre de la Ville Le Chatelet Paris.

Pina Bausch Sweet Mambo.

Pina Bausch en 1985.

 

Les étoiles se mettent au garde à vous en cette nuit où elles accueillent Pina Bausch qui rejoint le firmament.
Il y a des tas de façons de faire la révolution.
L’art est l’une d’entre elles.
 
Pina Bausch, née en Allemagne en 1940 et décédée soudainement ce 30 juin, était à la danse ce que Louise Bourgeois est à la sculpture : une innovatrice iconoclaste.
Partie se perfectionner aux USA à 19 ans, elle intègre brillamment le New American Ballet puis, de rencontre en rencontre, devient l’icône de la « Modern Dance ».
 
Revenue en Allemagne en 1962 elle y fonde, une décennie plus tard - en tant que chorégraphe - sa propre compagnie, le Tanztheater de Wuppertal, avec lequel elle était encore sur les planches il y a une semaine.
 
Proche du théâtre expressionniste, c’est bien du « théâtre dansé » - comme le nom de sa troupe « Tanztheater » l’indique - qu’elle va être la « mère », rompant ainsi avec toute approche conventionnelle de la danse.
Ses chorégraphies explorent la violence, la douleur, l’incommunicabilité, la noirceur propres à notre époque ainsi que les rapports amoureux entre hommes et femmes à travers un nouveau langage corporel centré principalement sur les bras et le buste, rendus fluides et revendiquant avec virtuosité l’aspiration à la liberté ou bien au contraire répétant les mêmes gestes à l’infini pour marquer l’aliénation de l’enfermement.
 
Elle fascine le grand public mais aussi les cinéastes : Fellini qui la met en scène en 1983 dans « E la nave va » et Almodovar qui tourne « Parle avec elle » en 2002 avec comme point de départ son célèbre personnage aveugle de « Café Müller ».
 
Nous l’avons aimée et suivie longtemps.
Pour nous souvenir d’elle avec émotion, quelques instants de ce « Café » sur une vidéo Youtube, des photos de ses plus belles chorégraphies (passer la souris sur l’image pour connaître les titres) et ce portrait de 1985 où son visage exprime avec gravité et douceur sa richesse inépuisable de créatrice…