Femme qui écrit Publicité pour l'Encre Marquet 1892.

Publicité pour l’encre Marquet - 1892.

 
 
Je viens de supprimer ma note précédente, c'est-à-dire la nouvelle « Le Tunnel ».
Du même coup vos commentaires - et mes réponses à vos commentaires - se sont envolés eux aussi.
Je tenais à vous remercier de ceux-ci.
Sans eux, je ne me serais jamais aperçue que le texte que j’avais publié était mauvais.
Ma gratitude donc à Troll, J.M. Devesa, Anaïs.
 
J’avais raconté une histoire et vous en avez lu une autre. Chacun de vous la sienne.
C’est moi qui n’ai pas su camper mes personnages, leur donner la consistance et l’épaisseur que je désirais.
 
En choisissant comme à mon habitude de produire un récit à la 3ème personne du singulier et d’un point de vue strictement masculin, j’ai totalement raté le personnage de la femme.
Ainsi Anaïs l’a-t-elle « vue » comme agissant aux antipodes de « celle » que j’avais « portée » en moi lors de mes instants d’écriture.
 
De plus, j’avais au tout dernier moment mis en illustration une photo qui, m’amenant à rajouter deux phrases (non prévues initialement) afin que l’image ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe, pouvait modifier irrémédiablement le sens du texte et entraîner la lecture que J.M. Devesa en a faite.
Là encore, je plaide coupable. Un texte est un texte : il n’a pas à être dénaturé pour une photographie.
 
J’avais aussi placé en exergue quelques lignes d’une chanson de Claudio Baglioni : elles ont influencé le regard que Troll a porté sur mes mots.
Elles n’avaient rien à faire là elles non plus : c’était la musique que j’écoutais en écrivant et, dans une envolée irréfléchie, j’ai pensé qu’elles faisaient une belle introduction.
Pas du tout : elles donnaient une piste de lecture nostalgico-romantique qui n’était pas de mise.  
 
Je n’ai jamais encore effacé un texte de mon blog.
Si je le fais pour celui-ci, c’est parce que le problème ne porte pas sur une note polémique mais sur quelque chose de purement créatif de ma part : une fiction.
N’est pas écrivain qui le veut, je l’ai toujours pensé, et je préfère voir ce « Tunnel » comme un brouillon mis de côté auquel je donnerai une autre chance une autre fois.
De toute manière, cette nouvelle n’était qu’une « forme » de plus - au sens pirandellien - du récit sur lequel je reviens encore et toujours depuis des années si ce n’est que s’y ajoutent maintenant les sujets du temps qui passe et de l’âge qui vient.
Mais sur le « fond », c’était une fois de plus mon thème de prédilection qui s’exprimait.
Aussi n’en resterai-je pas là et vous n’avez en aucun cas à vous penser fautifs d'avoir « coupé les ailes » de mes désirs d’écriture autour de thèmes fictifs…
 
Cette analyse intervient aussi alors que Blownblue quitte le monde du blog, préférant - semble-t-il - en revenir à l’écriture sur d’autres supports, plus intimes.
En revanche, pour moi, le blog continue à avoir le même attrait.
Parce qu’il est impitoyable.
 
Se « montrer à lire » aux autres impose une remise en question de ce que l’on a écrit.
Si j’avais rédigé « Le Tunnel » dans un cahier, j’aurais continué à en être très satisfaite.
Cela fera bien ricaner les imbéciles qui ne passent sur mon blog que pour voir si je n’y dis pas du mal d’elles mais je considérais en effet « Station-service » (le titre original du récit avant la photo et les deux malencontreuses phrases de rajout quant au « tunnel ») comme la « version » la plus aboutie de toute cette série de mes textes qui se ressemblent et qui sont (dans ma tête) intitulés « Fragments de mâl(e) amour ».
Je croyais avoir réussi à y transposer enfin toute la violence des sentiments que je prête à ces personnages que j’ai créés il y a longtemps déjà.
 
Avant que d’effacer, j’ai relu mon texte à la lumière de chacun de vos commentaires.
Une fois pour chaque intervention.
Et force m’est de conclure que mon récit n’avait aucune des qualités que je lui prêtais et que cet imbroglio de lectures diverses était seulement dû au fait que c’est moi qui avais échoué dans mes ambitions, ne donnant à lire en fin de compte qu’une ébauche, un squelette de ce que je prétendais faire passer.
 
Merci encore une fois à vous, Anaïs, J.M. Devesa, Troll, de m’avoir rappelé que l’art de la plume - pour minime qu’il soit, pour « bloguesque » qu’il est en mon cas - nécessite beaucoup de travail et de réflexion, toute une maturation qui n’étaient pas présents dans la « nouvelle » que je vous ai proposée hier bien trop à la va vite…
 
 
 
 
Rééd. 18 h 40:
Je m'aperçois que dans ma hâte à éditer cette note hier, j'ai oublié de remercier aussi Jeanne, Gilles et Joël qui avaient émis un bref commentaire positif sur ce fameux «Tunnel ».
Qu'avec toutes mes excuses, cet oubli soit réparé maintenant ici....