BDSM Les mains qui tiennent, les mains tenues...

Photo Jarek Kubicki.

 
 
 
Maintenue. Mains tenues. Mains qui tiennent. Mains qui détiennent. Mains qui maintiennent.
 
Ce sont les mots que m’inspire cette photographie qui est - pour moi tout au moins - d’un érotisme torride.
Ceci est la note à laquelle vous auriez dû « avoir droit » hier soir.
Hélas, il est des dates où m’étendre sur le BDSM m’est impossible.
 
J’ai le très net sentiment qu’autant je me sens masochiste physiquement (sensuellement, sexuellement), autant cette médaille a son opposé le plus strict dans ma vie quotidienne.
Là, ce qui fait mal me fait vraiment mal, m’est insupportable
Alors, en voyant pavoiser l’UMP pour une victoire sur un scrutin avec une telle abstention (mais sentir en même temps qu’ils peuvent se le permettre faute d’adversaire crédible pour les dix années à venir), je n’ai pu écrire que les quelques lignes de ma précédente bluette nocturne.
Et si je parle de bluette, c’est bien mal à propos car j’étais littéralement verte, fait encore plus paradoxal puisque je n’ai pas voté pour Europe Ecologie mais pour le Front de Gauche.
Voilà. Tout est dit pour celles et ceux qui ignoraient encore ma dichotomie de maso « engagée »…
 
Je peux en revenir à mes moutons.
Il y a des lustres (la Gauche était au pouvoir alors et ne donnait pas signe de devoir le quitter, c’est dire …), je faisais mes premières armes dans le BDSM.
A la recherche d’un Elu (j’y mets une majuscule pour bien insister sur le fait que nous avons quitté le domaine politique), je rencontrais dans la ville où j’habitais certains de ceux qui, dans les petites annonces des journaux d’abord puis un peu plus tard sur un « chat », se disaient « dominateurs ».
Quand je dis « rencontrais », entendez que je ne voulais pas prolonger le jeu du virtuel et que si la personne avait l’apparence de posséder quelques qualités humaines et intellectuelles, je buvais dans la semaine un café avec elle.
Je parle bien d’ « apparence » quant aux qualités tant je me suis souvent méprise et tant les cafés - amers - n’eurent pas de suite.
Mais je ne vais pas m’attarder là-dessus car mon propos est de rendre hommage aux mains dans le BDSM, sexualité où les « accessoires » et les instruments sont pourtant, la plupart du temps, indispensables.
 
Un jour, l’un de ces dominateurs que je questionnais (le plus bêtement du monde, car on est très bête et ignare quand on est novice) sur comment et avec quoi il « faisait ça » m’avait répondu qu’il possédait l’ensemble du matériel idoine (la « mallette du dominateur ») mais qu’il aurait pu tout aussi bien s’en passer puisque tout pouvait « se faire » avec les mains.
 
Je ne me souviens plus de ce que j’ai pensé alors.
Il est fort possible que j’aie, sans trop comprendre, marqué mon assentiment (il y eut - mais si, mais si ! - une époque de ma vie où je gobais à tort ou à raison tout ce qui était « la parole du dominateur »).
Il n’empêche que celui-ci était dans le vrai et que je le sais aujourd’hui.
 
Les mains (sans lesquelles les instruments ne seraient rien par ailleurs) ont une vie propre et tout à fait particulière au sein des jeux BDSM.
Elles dispensent la caresse comme la douleur.
Elles sont ce qui palpe, tâte, fesse,  pince, percute mais aussi ce qui sculpte, encercle, lie, flatte, gratifie…
Elles tiennent, contiennent, retiennent les mains ténues qui sont tenues…
 
Les mains, les seules mains, les simples mains d’un homme sur la peau d’une femme peuvent accomplir tous ces prodiges, sans même cordes, cravache, ceinture ou autres.
Et parfois, c’est tellement suffisant que ces mains, à la fin, on a envie de les embrasser.
 
Non tant dans un geste de servitude que dans un élan d’amour et de remerciement…