BDSM Peinture fraîche...

Photo venue du Web.

 
 
Pour peindre le BDSM à la manière du Prévert de « Pour faire le portrait d’un oiseau », comment s’y prendre ?
Doit-on utiliser des mots ou des couleurs ?
 
Si je me saisis des paroles, ce ne seront -hélas- que les miennes.
Si je m’empare du pinceau, viendra le problème de la toile. Comment la remplir ?
Quelques points bariolés, quelques coulées voulues pour être mimétisme des traces que la nuit laisse aux corps qui éprouvent?
Ou bien l’envahir toute, ne laisser aucun espace vide, au point de la saturer, au point qu’elle donne le vertige à qui la regarderait ?
Et puis continuer, pour tout ce que j’avais à dire et que je n’aurais pas dit, continuer en peignant sur les murs qui la jouxtent pour m’y perdre moi-même dans un discours complexe et y perdre avec moi tous ceux qui seraient là ?
 
Je te laisse ce soin. Je te donne une toile en te donnant ma peau.
Pour les outils ensuite, je sais que tu sauras…
Peins d’abord à la main tout un fond rose vif.
Fesse comme il se doit. Et fais ce qu’il se doit.
Encadre le tableau à la cravache fraîche, pose déjà les cordes qui le tiendront au mur, écris à la badine des phrases bien en ligne, une calligraphie toute soignée de signes.
Le dessin, le portrait mais encore le paysage ou le récit lui-même si c’est ce que tu veux, c’est à la cire chaude que tu le croqueras ou le relateras : tu as bien dix couleurs pour le faire à loisir et j'ai une « surface d’accueil » presque infinie.
 
Et à la fin, surtout, n’oublie pas de signer.
Parachève ton œuvre à la mèche du fouet et que sur chaque lettre l’œil s’attarde en pensant que j’ai eu de la chance d’avoir tel dominant…  
 
  
 
 
 
PS : En voici pourtant qui ont réussi à « peindre le BDSM ».
Les auteurs de « Nouvelles Tentations », un magazine de l’Eros en ligne, me signalent par mail qu’ils ont cité mon modeste blog dans leur article du mois consacré au BDSM.
La grincheuse que je suis s’empresse alors d’aller voir et découvre que leur dossier est bien fait, simple et clair, documenté, sans erreur.
Du genre que l’on aimerait voir dans les mensuels féminins en lieu et place des fadaises qu’ils écrivent chaque année dans leurs numéros de juillet.
Je vous invite donc à les visiter à votre tour ici, d’autant plus que deux autres parties sont encore à venir, l’une sur les instruments, l’autre sur la cérébralité…