Monna Lisa ou La Joconde Revisitée Tableau de Rafal Olbinski.

Tableau « Monna Lisa, la Joconde Revisitée » © Rafal Olbinski.

 
 
 
Umberto Galimberti, philosophe et psychanalyste (peu orthodoxe) enseigne à l’Université de Venise.
Il s’intéresse de près à tout ce qui est la « représentation » de la sexualité.
Parce qu’aujourd’hui, je réfléchissais une fois de plus sur le BDSM virtuel, que ce soit celui des relations vécues par l’intermédiaire de mails ou « webcams » ou encore celui des « avatars » de Second Life, ces quelques lignes de lui, traduites (maladroitement par la blogueuse) d’un ouvrage non publié en France…
 
 
« …De là l'invitation à dépasser l'imaginaire des « scènes de jeu » pour entrer vraiment dans l’action, seul lieu où, pour terrain d’expérimentation, il n’y a plus les oscillations habituelles entre codes et déviations mais plus simplement -et la simplicité devient ici abîme- la rencontre avec le rythme de l'indicible, de « ce qu'on ne réussit pas à dire » (Platon), de « ce qu'on ne peut pas dire » (Freud) parce que cela habite l'inconscient ou, comme Platon le dit encore, le « fond énigmatique et sombre », ce mot inarticulé qui reste au-delà de l’articulation de tous les mots.
Ce mot craint, ce mot dont chaque jour nous nous défendons avec des règles et des rôles factices, ce mot qui n’est pas mot, mais plutôt spasme et cri est tenu en respect par l'imaginaire du jeu qui a pour unique devoir de nous faire savourer les choses non comme elles sont vraiment mais à travers les images falsifiées inscrites dans ces textes et contextes où c’est toujours et seulement la sexualité qui reste hors scène dans ce qu’elle a à nous dire de plus profond.
C’est pour ça que la sexualité est ob-scène.
La scène, en effet, est occupée seulement par sa récitation, sinon par sa parodie. »
 
Umberto Galimberti - « Paesaggi dell’anima » - Edizioni  Oscar Best Sellers Mondadori - 2007.