Nobuyoshi Araki BDSM Kinbaku AURORAWEBLOG.

 

Nobuyoshi Araki Skys 1990-1992 AURORAWEBLOG.

 

Nobuyoshi Araki Skyscape 2000 AURORAWEBLOG.

 

 Photos © Nobuyoshi Araki.

 
 
 
Pour « Suzanne » , compagne de chagrin,  qui photographie si bien les arbres qui s’élèvent vers le ciel…
 
 
 
Il arrive toujours un moment où l’on en revient à la photographie.
Ces temps-ci, j’ai beaucoup pensé à Araki.
 
Présent sur mon blog la plupart du temps par ses images de « kinbaku » (femmes en bondage) -qui relèvent de ma thématique BDSM- ou par ses fleurs luxuriantes et vénéneuses, métaphores de ce que Courbet peignit sous le titre de « L’origine du monde », Araki qui aime à se définir comme le photographe du sexe, de la vie et de la mort (je vous en ai parlé dans la note consacrée au livre de Philippe Forest « Araki enfin ») s’est durement colleté avec un travail de deuil à faire qui n’a pu se réaliser qu’à travers des images qui n’étaient jusque là jamais apparues dans son œuvre si grouillante de présence humaine.
 
Pendant presque deux ans après 1990, date de la disparition de sa femme Yoko, il n’a pu photographier que le ciel, que des cieux en noir et blanc.
 
J’ai retrouvé cet entretien accordé à un journal italien en 1996 où il déclare :
 
« Le ciel, je l’ai longtemps photographié en noir et blanc. Le ciel est -comment dire- un vide et il représente la mort. Avec des nuages ou des arbres, le ciel devient vivant à nouveau. C’est ce que j’ai voulu montrer »
 
Par la suite, Araki a continué à faire des clichés des cieux tokyoïtes mais ceux-ci sont devenus en couleur…
 
Toutefois comme l’écrit Philippe Forest dans « Araki enfin » (chapitre 19 « J’aime les nuages » - page 103 - Editions Gallimard -Art et Artistes- 2008) :
 
« ...Sauf que le déploiement splendide des couleurs voulu par Araki, et même l’inévitable arrangement des formes célestes se disposant d’elles-mêmes dans le cadre de l’objectif démontrent assez que la vraie beauté ne se laisse jamais renvoyer, et que c’est précisément lorsque l’ayant assise sur ses genoux, trouvée amère et insultée, on déclare en avoir fini avec elle qu’elle manifeste comme jamais sa puissance la plus pathétique ».