AURORAWEBLOG Médecine et folie.        

Dessin Auteur Inconnu.

 
 
 
On apprend tous les jours.
Même en ceux-ci où j’ai une fièvre équine et une toux canine (diagnostic garanti de mon toubib préféré…).
 
En continuant donc à suivre le fil de forum qui concerne le congrès qui doit toujours se tenir autour des manifestations culturelles du BDSM à l’Université Bicocca de Milan le 30 octobre mais qui continue à provoquer des vitupérations intenses dans la presse transalpine, voici que tout en bas d’une page du site que je fréquente, je tombe sur une ligne qui dit simplement
« Mais dans le DSM V, de source sûre, nous ne serons plus dans les pathologies ».
 
« Le DSM V ! -ai-je pensé l’espace de quelques secondes- Mais quel avatar du BDSM nous préparent-ils encore en lui enlevant le « B » ? (on sait que je m’attends à tout de notre facétieuse « communauté »).
 
Bon, à la page suivante, une réponse « Mais tu ne changeras jamais les psychiatres habitués à se fonder sur les précédents depuis des lustres ! » m’a fait saisir immédiatement que j’étais (du fait de ma fièvre équine et de ma toux canine) complètement à côté de la plaque.
 
Renseignements pris, le DSM IV (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) actuellement quatrième du nom et en vigueur depuis 1994 est la « Bible » de l’Association américaine de psychiatrie pour cibler avec précision les troubles mentaux.
Il a ses contestataires qui s’en écartent sous le motif que celui-ci ne reflète que l’opinion de cette association behavioriste qui paraît pourtant bien puissante puisqu’elle a répandu ses classifications à travers le monde, ce qui explique les escarmouches italiennes de ces semaines.
 
Si un DSM V est, en effet, attendu pour 2012, on voit mal comment il pourrait être remanié de fond en comble.
Or, dans le DSM IV, les « troubles sexuels et troubles de l’identité sexuelle » relèvent bien comme « paraphilies » tous les comportements hors de la norme.
Le « sadisme sexuel » et le « masochisme sexuel » en font partie au même titre que la pédophilie ou le frotteurisme etc.
Voyeurisme, fétichisme, exhibitionnisme n’échappent pas à la règle du DSM.
 
Je dois avouer que j’en suis restée hébétée.
Ne lisant aucun ouvrage de psychiatrie, je pensais que ce type de classement remontait à Krafft-Ebing et avait été dépoussiéré de longue date.
 
Inutile d’essayer de se consoler en se disant que le BDSM n’y est pas inscrit.
Le « SM » qui en est les deux dernières lettres parle par lui-même.
Et en 1994, date du DSM IV, l’acronyme était connu ainsi que son extension, le SSC (Safe, Sane, Consensual).
Cela n’aura pas suffi a nous sortir de la nomenclature des désordres mentaux.
Je ne vois pas comment le DSM V le ferait, sinon à reconnaître « saines » toutes les autres paraphilies qu’il catalogue.
N’y comptons donc point.
 
Par chance, la loi ne le suit pas et, à ce jour, nous avons peu de possibilités d’être arrêtés et internés.
 
Mais lire ça, je dois le dire, m’a réellement fichu un coup de blues (et je n’en avais pas besoin avec la toux canine et la fièvre équine, croyez-moi !).
 
J’ai toujours cru que le BDSM (ou le SM) était une sexualité particulière, certes, mais pour moi, il ne s’éloignait pas plus de la norme que l’échangisme, pour faire un exemple, beaucoup plus répandu et qui n’est pas considéré comme un désordre mental par ce DSM IV…
 
 
 
 
 
PS : Il est à noter que l’autre nomenclature que l’on oppose généralement au DSM est celle de la CIM (Classification Internationale des Maladies), qui est l’approche générale de l’OMS concernant non plus le seul domaine psychiatrique mais l’ensemble des pathologies de tout type, relevé mondialement.
Hélas, dans la CIM-10, chapitre 05, on retrouve les mêmes « désordres sexuels » classés eux aussi sous le nom de troubles mentaux.