Je donne ici un lien avec le résumé d’un fait divers meurtrier arrivé dans une ambiance BDSM tout près de Bologne en Italie.
Je n’ai pas eu le temps de passer l’article d’une langue à l’autre mais je pense que tous les moteurs de recherche disposent aujourd’hui, dans leur barre d’outils, d’un logiciel de traduction.
Cela aurait été trop long car cette affaire dure depuis huit jours et qu’il aurait fallu traduire d’autres articles encore : toutes les différentes versions qu’a donné celui qui, au final, est aujourd’hui en prison.
 
Il a appelé la police militaire le 8 septembre pour faire savoir qu’au terme d’un jeu érotique sa compagne, rencontrée il y a six mois sur un chat, s’était suicidée.
Selon ses premiers dires, la dénommée « Alice » (qui allait s’avérer être un transsexuel, ce qu’il a d’abord nié savoir) retrouvée liée à un arbre dans le jardin de l’accusé, menottée mais avec les clés de l’objet dans sa main, se serait asphyxiée elle-même en se faisant un self-bondage avec une grosse chaîne de métal serrée autour du cou.
 
Devant l’incrédulité de la police, il a ensuite reconnu avoir attaché sa compagne à l’arbre puis l’avoir laissée pour la retrouver morte un peu plus tard, étouffée, et avoir modifié « la scène de crime » afin d’échapper à des poursuites.
 
Enfin, il est dorénavant inculpé d’homicide involontaire car il a fini par avouer être celui qui a serré la chaîne par quatre ou cinq fois mais à la demande de « Alice » qui l’en avait sommé, lui n’étant qu’un néophyte dans le domaine BDSM où il n’était entré que pour ne pas la perdre.
 
Des revues SM retrouvées dans sa voiture, il prétend aussi qu’elles appartenaient justement à « Alice ».
 
La justice s’intéressant maintenant aux documents et connections liées au SM sur l’ordinateur du prévenu, on peut penser que l’on saura ainsi s’il dit ou non désormais la vérité et si tout ceci est antérieur ou postérieur avec sa rencontre avec « Alice ».
 
Ceux qui jugeraient, à la lecture de cet article, que les deux protagonistes étaient seulement des « paumés » (lui, un obèse qui n’avait jamais pu « avoir de femme » et elle, un transsexuel dépressif) et que donc, tout cela ne nous concerne pas auraient grand tort.
 
En fait, cette affaire rouvre une fois de plus le débat sur l’inexpérience comme péril possible dans un jeu BDSM ainsi que celui sur la dangerosité de certaines pratiques.
Jouer à un jeu d’asphyxie, même en dehors de tout lien avec le BDSM (pensons à ce « jeu du foulard » déjà fini dramatiquement et qui resurgit pourtant de temps en temps dans les cours de récréation des écoles) est un danger, oui.
Cela l’est avec une personne qui serait « expérimentée » (mais qui peut prétendre jamais maîtriser » ce type de situation ?), ne parlons pas d’un débutant…
 
Le « SSC », le fameux « safe, sane and consensual », n’est pas un gri-gri qui protège de tout.
Rien n’est jamais tout à fait « safe ».
« Sane » non plus.
Et « consensual » ne garantit pas grand chose.
Un dérapage demeure toujours possible.
Toute pratique « hard » qui met en jeu l’intégrité physique est potentiellement dangereuse avec qui que ce soit.
Il ne faut jamais cesser de le rappeler.
J’ai autrefois pensé qu’il pouvait ne pas en être ainsi avec quelqu’un qui l’ait accomplie de nombreuses fois. Ce n’est plus mon idée aujourd’hui.
Un bon conducteur ne l’est que jusqu’à ce qu’il s’endorme un jour à son volant. Et s’il rencontre face à lui un autre conducteur en état d’ébriété, l’accident sera pour lui aussi inévitable.
A titre d’exemple, M. m’a fait il y a deux ans et des poussières -à titre professionnel- une prise de sang.
J’ai eu le bras violet pendant plus de trois semaines : je suis l’un des deux « ratés » de toute sa carrière.
 
Il est des jeux érotiques où le risque encouru doit être pris en compte aux deux niveaux : celui de la personne qui mène la danse (Jusqu’à quel point se sent-elle capable de « faire » sans mettre l’autre en danger ? Connaît-elle suffisamment cet autre pour saisir les limites qui sont les siennes ? Saura-t-elle ne pas se laisser influencer par une demande de « toujours plus » de la part de l’autre et ne pas perdre dans la transe ambiante le sens de la mesure ?) et celui de la personne qui subit (A-t-elle bien la conscience du danger qu’elle encourt, du fait que c’est sa vie qu’elle met « en jeu » dans le jeu ? Que sait-elle vraiment de celui/celle en qui elle place à ce moment-là sa confiance ? Ce jeu a-il réellement une telle importance, une telle charge d’érotisme pour qu’il mérite, malgré le danger, de ne pas rester à l’état de fantasme ?).
 
Et parfois, en  rester au « principe de précaution » est bien l'attitude la plus sage qui soit.
 
Le cou d’« Alice », dans le jardin de Bologne, avait une chaîne tellement incrustée dans la peau que la police a dû recourir à un ferronnier pour la faire couper…