AURORAWEBLOG Louise Bourgeois tenant entre ses mains "Fillette" son oeuvre phallique de 1968 photographiée par Robert Mapplethorpe en 1982

Photo de Louise Bourgeois (1982) © Robert Mapplethorpe Foundation

 
 
Il n’y a aucune provocation dans ce titre, une soumise BDSM étant pour moi une femme-point final.
Peut être juste une pique en direction de Fadela Amara, la seule à avoir paradoxalement incarné à mes yeux l’ « autre soumission » (la sociale, la politique) en cette dernière année…
 
Pour cette « journée des femmes » quelque peu décriée -à juste titre- (un jour pour les femmes par an ?), rappelons que les luttes des femmes ne sont jamais dirigées contre les hommes mais doivent être conduites la main dans la main.
 
Elles ne sont pas dépassées, malheureusement.
Tout peut toujours resurgir.
En témoigne la campagne électorale italienne où, alors qu’avec une vingtaine d’années de retard sur la France, la pilule abortive RU 486 venait enfin d’être autorisée à être mise sur le marché mais les décrets n’étant pas signés, on voit ce thème être l’un des fers de lance et de division au sein même des partis politiques transalpins quant à l’élaboration des programmes, fait accompagné de la création d’une liste « indépendante » au seul nom (et au seul projet) de « Non à l’avortement » qui se propose de remettre la loi permettant celui-ci en question. 
Attention ! Ça se passe à côté de chez nous !
 
Quant au BDSM -puisque titre il y a, il faut développer- s’il peut sembler être un milieu plus « machiste » que les autres, c’est uniquement sur le papier (j’entends dire « sur l’écran », lieu défoulatoire par excellence où l’on « tape » n’importe quoi sous le couvert de son pseudo) et en tout cas, seulement le temps que les couples se constituent…
Une forme de « parade » -comme dans la nature- où le mâle joue son grand vilain méchant loup rouleur de mécaniques pour la saison des amours.
Ensuite, une fois que les choses sérieuses commencent, c’est une autre tasse de thé !
 
Lorsque je pense aux « carnets de punition » du style « J’ai fait bouillir les chaussettes de mon maître, je recevrai dix coups de cravache », j’ai pour souvenir du couple fort connu qui les a promus le fait que -lorsqu’ils n’étaient pas « en site » mais « en situation » et donc dans leur intimité- ils aimaient surtout…échanger les rôles !
D’un autre, tout aussi célèbre, je garde en mémoire qu’ils étaient des parents attentifs et partageant l’éducation de leurs enfants comme ils partageaient les soucis du ménage : à table, quand le sel ou l’eau avaient été oubliés, c’était celui qui en était le plus proche qui se levait pour aller les chercher.
 
Le reste est pur folklore.
S’il en amuse ou en excite quelques-uns, tant mieux !
La sexualité -nous dit le Nouvel Obs d’hier se basant sur la gigantesque étude « Enquête sur la vie sexuelle en France » à paraître la semaine prochaine aux Editions La Découverte- s’est affranchie de nombreux tabous dans l’hexagone depuis 1992, date de la dernière plongée effectuée dans ce même type de recherche.
Que les fantasmes des fantasmeurs/euses aient donc longue vie.
Ils y ont droit comme les autres…
 
Pour illustrer cette note, j’ai -bien entendu- choisi un portrait de femme, celui que fit en 1982 Robert Mapplethorpe (ce génie de la photographie) de Louise Bourgeois.
Je ne pense pas que cette "sélection" surprendra en ce jour tant elle est chargée de symbole.
J’aime beaucoup ce cliché.
Louise la si peu Bourgeois(e) y tient dans la main son travail de 1968, énorme phallus intitulé… « Fillette » (!)…et semble faire un sourire malicieux au "spectateur".
 
Depuis le 5 mars et ce, jusqu’au 2 juin 2008 -après la Tate Gallery- le Centre Pompidou rend hommage à la célébrissime plasticienne, âgée aujourd’hui de 96 ans.
Une exposition rétrospective étonnante et détonnante à ne pas manquer (il est toutefois conseillé de se documenter sur l’artiste avant de la visiter tant son œuvre n’est pas de celles qui s’appréhendent au premier regard…et nous savons de quoi nous parlons, nous y sommes allés ! ).