AURORAWEBLOG Galliano Hommes 2008-2009 Epoque Tudor le Prince et le pauvre

AURORAWEBLOG Galliano Hommes 2008-2009 le code SM récupéré

AURORAWEBLOG Galliano Hommes 2008-2009 le code SM récupéré bis

AURORAWEBLOG Galliano Hommes 2008-2009 le code SM exagéré

AURORAWEBLOG Galliano Hommes 2008-2009 le code SM détourné

AURORAWEBLOG Galliano Hommes 2008-2009 Joker pour faire oublier le reste!

              Défilé automne-hiver 2008-2009 John Galliano * Photos © Vogue.com
 
 
 
Je continue sur ma lancée du « Constat ».
Pour cette note surtout mais aussi pour celle de demain (un extrait du mail de l’une d’entre vous), elles risquent de sentir un peu « le réchauffé ».
Je les passe pourtant, même si elles sont « en différé », c'est-à-dire l’une comme l’autre écrites samedi après-midi.
Sur celle de ce soir, annoncée dans mon dernier post et rédigée dans la foulée du Défilé Galliano, nous dirons que le couturier me doit bien ça puisque c’est en chargeant ses photos dans la nuit de vendredi à samedi que mon blog a « shunté » à cause d’une cédille sur l’image « façon-Tudor » que l’éditeur FCK, utilisé sur KarmaOS  n’accepte pas, comme Stéphane Le Solliec a fini par le découvrir…
De toute façon, mon ressenti n’a pas changé, ni perdu de sa colère avec les 48 heures passées…
 
 
Vendredi, au dernier journal de la nuit, j’ai eu un choc en voyant les images toutes fraîches du défilé Hommes de John Galliano lors de la « Fashion Week » parisienne.
Je suis habituée, vaccinée même, quant aux délires de Galliano.
Je les apprécie toujours lorsqu’il met sa créativité déjantée au service de la mode féminine (rajout du 21/01/08 : Il l’a encore prouvé cette après-midi avec le superbe défilé Femmes de Dior, tout inspiré de la peinture symboliste).
Mais là, au masculin, ça tombait mal et ça tombait en même temps à pic avec les propos que je tenais ici dans ma dernière (mon avant-dernière) note.
 
J’ai choisi volontairement mes illustrations sur le site de Vogue, afin qu’elles soient présentées de la manière la plus neutre possible.
D’autres revues ont cadré différemment et certainement de façon moins statique, plus artistique et en mettant en valeur des gros plans sur les « accessoires ».
Mais cela apportait, de la sorte, trop d’eau à mon moulin et j’ai préféré jouer la carte de la « subjectivité objective »…
 
Galliano a présenté une collection en trois temps : débutant par un hommage à l’ère Tudor (première photo), il a terminé par de facétieux « jokers » dont on s’attendrait à entendre tinter les grelots (dernière image).
Cependant au milieu, il y a eu toute une série de modèles qui -disent les spécialistes- sont un clin d’œil à l’époque punk (les clichés du centre).
 
Je ne suis pas tout à fait d’accord.
Pour ma part, j’y vois un pas de plus (et de géant cette fois-ci) franchi dans la banalisation de la tendance SM, BDSM ou (BD)SM.
Certes, la décennie punk flirtait déjà avec cette même symbolique.
Après tout, la première fois que j’ai vu une fille tenue en laisse par son compagnon, c’était bien dans un concert punk à Milan durant les années 80.
 
Mais Galliano, s’il commence sagement en ne récupérant que les éléments classiques du dress-code BDSM (cuir, cuir clouté) va très vite beaucoup plus loin : il s’empare du jeu de rôle bourreau-victime (les cagoules, la « corde-pour-le-pendre »).
En général, sur les sites de photos « hard » BDSM, on évite tout de même ce type d’images (pas toujours, mais presque, je marque cette exception car, sans jamais y être allée, j'ai entendu bien des "légendes" sur certains lieux commerciaux, tel le défunt "Insex").
En tout cas, on ne montre pas de « jeux qui vont jusqu’au sang ».
 
Là au contraire sur le podium, -et même s’il s’agit seulement d’un maquillage de théâtre sanguinolent, de Grand-Guignol comme Galliano sait le faire et de second degré que l’on voit bien avec la mise en scène des slips- la chose est « donnée à voir ».
 
Un peu comme si la mode, à travers Galliano, dépassait, transgressait ce que sont (encore pour un peu du moins, au train où vont les choses) nos propres tabous.
 
On en revient donc encore une fois aux dangers de cette (fausse et faussée) vulgarisation de nos pratiques.
 
Non, ce n’est pas un progrès. Loin de là.
C’est une récupération et du pire que le (BD)SM charrie avec lui comme clichés.
 
Bien sûr qu’ici, tout est feint. Bien sûr que c’est mis en scène pour créer un électrochoc dans le défilé. 
Bien sûr que c’est un calcul de créateur.
 
Mais le rouge du sang cosmétique s’est affiché.
Comme cela a été fait par Galliano, il n’y aura aucune réflexion critique sur ce que cela nous dit sur notre société, sur l’évolution de nos mœurs.
 
Le SM fait ici scène, scène pleine. On applaudit.  
 
Mais on applaudit quoi ?
Le génie de Galliano ? Sa propension à faire des pieds de nez à tout ?
 
En l’espèce, il légitime pourtant les séances de cagoules et d’asphyxie, les simulacres de pendaison, les jeux de lames.
Sans aucune motivation.
Ne parlons même pas de mise en garde…
C’est ça la banalisation.
Car personne, parmi les chroniqueurs de mode, n'a paru s'étonner en rien de ces images pourtant ouvertes à une imagination...morbide!
 
Et tout cela sur un air de Commedia dell’Arte alors qu’ailleurs que dans la comédie, tous ces actes sont d’une dangerosité extrême.
 
Et si de l’influence des pratiques BDSM sur la mode, on passait maintenant à l’influence de la mode sur les pratiques (BD)SM ?
 
Et si venues de la mode, celles montrées ici devenaient réellement « à la mode », nous aurions marqué un jalon de plus vers ce que même la lecture des ouvrages de Sade n’est nullement capable de provoquer, franchi une nouvelle frontière vers le BDSM de la surenchère, un BDSM qui deviendrait « furieusement tendance », celui qui n’a aucune raison d’exister car il n’est qu’effet de style et non relation complice entre deux individus.
 
Et pourtant, ne sommes-nous pas déjà sur cette voie, autrement (avec le truchement trompeur du virtuel qui vaut bien la tromperie des fards de Galliano), mais sur cette voie tout de même ?