BDSM Magazine Elle du 8 octobre 2007 "Trouver son maître"

           Scan Perso de la page 150 du magazine « Elle » No 3223 du 8 octobre 2007.
 
Le BDSM -disons-le maintenant puisque cela va être ici prouvé ce soir- aujourd’hui, c’est tout et n’importe quoi.
Foin du dogme donc.
Le classique avec ses règles pour commencer.
Et celui de l’amour vache mais libertaire et complice que je voudrais défendre dans ces notes aussi.
De toute façon, il fallait en arriver là.
A partir du moment où quelque chose sort du pré carré où il s’est « réservé » durant des décennies, une fois qu’il est saisi par les médias, en sort une version abâtardie, consumériste qui est, en plus, bien de notre époque.
 
Ayant laissé le champ libre à ses concurrents durant l’été, c’est en automne que cette semaine le magazine « Elle » fait son « Spécial Sexe ».
Parmi une foultitude d’autres articles, on y trouve un texte pivot « L’égalité ? Oui mais pas au lit ! » se déclinant en trois parties : les pages mode dont Ernest vous a indiqué l’url dans les commentaires à ma note d’hier, le clou de l’article en cliquant ici (six pages Web numérotées au bas de la première à lire en se dépêchant car sur le site de « Elle » rien ne reste en ligne très longtemps) et enfin  le second degré que vous pourrez lire , une section qui se veut humoristique « Banc d’essai : trouver son maître », présentée en illustration plus haut et conçue en deux rubriques « Comment il m’a dominée » et « Comment je l’ai dominée », diptyque qui va de soi).
 
Pour résumer le propos de fond de l'ensemble du reportage, on pourrait citer le témoignage de cette Marie, 47 ans :
« Pour que ça fonctionne au lit, je crois que les femmes devraient montrer une certaine part de soumission, feinte au besoin, dans la vie de tous les jours. L’idée c’est de ne pas leur couper les couilles. Ça vaut vraiment le coup, parce que le désir est fugace et, sous leurs airs de gros durs, les hommes sont fragiles ».
 
On aura compris : l’article s’adresse bien évidemment aux « vanilles » et c’est un grand cri poussé dans la nuit du couple par sexologues, psychologues et simples quidams du style : « L’égalité des sexes constatée ces vingt dernières années a mis le mâle à mal, la revendication par les « Eve » d’obtenir d’ « Adam » un plaisir basé sur les critères d’un érotisme au féminin (préliminaires etc.) risque de le « castrer » définitivement et de nous amener à nous retrouver avec un « compagnon-frère » désexualisé sous les draps donc machine arrière toute et retour à Cromagnon » (là, c’est moi qui écris : je schématise un max mais comme vous avez le lien, vous vous ferez votre propre opinion).
Et un peu plus loin, on lit « Domination, le mot est lâché. ».
 
Bien sûr qu’il n’est pas question de BDSM en toutes lettres (l'acronyme n'est pas présent une seule fois au long de ces pages). Les petits jeux corniauds détaillés ici ou là n’en sont qu’une version « super-light »…
Mais c’est un nouveau pas de fait justement pour rendre ce BDSM inoffensif, porteur de clichés éculés.
Mieux encore : sauveur de couples en déroute.
Et puis, on prend des gants : on nous explique que les rôles soft de ces théâtres-sur-chambre peuvent aussi s’inverser à l’occasion.
Il n’empêche que dans le corps de cet article « mère », la journaliste Catherine Roig va pourtant (sans s’en rendre compte, on l’espère) plus loin que la vérité de son sujet quand elle évoque des « pratiques teintées de SM ».
 
Mazette !
L'acronyme BDSM, ça devient passe-partout et cela aurait été bien suffisant de « détourner » celui-ci (elle n’aurait pas été la première) pour ce qui est traité dans ce « Elle » mais oser écrire les deux lettres « maléfiques » SM, il faut un certain cran.
Surtout pour les employer mal à propos.
Dire que chaque jour, je mets des précautions infinies à les éviter sur mon blog.
Et d’une parce que je ne peux pas vraiment dire que je me sente clonée sur Sacher-Masoch et de deux parce que « sadomasochisme », ça la fiche encore mal même chez les plus libérés, ça trimballe une charge « hard » qui n’est pas de saison chez moi.
Et voici que je les retrouve comme estampille d’une… plaisante partie de menottes.
Ça me déboussole et en fait de plaisanterie, c’est de moi que j’ai l’impression qu’on se fiche !
Une "vulgarisation" bien vulgaire et rien de plus.
Mais à quoi s'attendre d'autre de la part de "Elle"?
 
Quant au « Comment j’ai trouvé mon maître » (commis par Sophie Fontanel et Edouard Dutour), comme lui aussi ne restera pas en ligne éternellement, je veux en "graver" sur le blog deux extraits, pur jus de qui se croit malin à vouloir faire rire et qui fait un "flop"tant c'est nul :
 
 
"Coté femme : « Comment il m’a dominée ».
 
6)J’ai pas pouffé quand il a dit »Tu vas voir c’que j’vais te mettre. »
7)J’ai pas pouffé quand j’ai vu que ce qu’il voulait me mettre c’était juste comme d’hab.
8)J’ai fait style la biche effarouchée quand il m’a claqué les fesses.
 
 
Côté homme : « Comment je l’ai dominée ».
 
5)J’ai l’impression qu’elle se met à aimer la castagne. Je pense à Sébastien Chabal pour reprendre le dessus dans la mêlée.
6)Je ne la regarde pas dans les yeux quand je lui dis « Je vais te mettre un but. »
7)Elle me corrige « On dit essai au rugby. »"
 
 
Quand on commence la semaine avec ça, on sait qu'on n’est pas sorti du sable, comme dirait l’autre.
 
Ah ! Oui…
Vous vous demanderez ce que vient faire Technorati dans le titre.
Technorati, ça ne sert à rien, sinon à connaître les autres blogs qui, de par le monde, traitent du même sujet que vous. C’est le système de leurs tags.
En deux ans sur le tag « BDSM », j’ai trouvé trois pages persos savoureuses et bien menées que je lis régulièrement dans un amas de faux blogs-vrais sites porno.
Et puis, hier soir, alors que le BDSM selon « Elle » m’avait déjà navrée par sa bêtise, j’ai découvert sur le blog du Comité national de la Politique Economique de Côte d’Ivoire (CNPE) que le BDSM pour eux, cela signifie la « Base de Données de la Surveillance Multilatérale ».
 
Quand je vous le disais que ces initiales, ça voulait dire tout et n’importe quoi…