BDSM La soumission...selon moi!

                                               Photo © Edward Weston
 
 
Les bras sont comme des nuages de vapeur, ils formeraient presque un arrondi parfait, quelque chose d’une danseuse par un maléfice figée…
 
Finalement, aux soumises il est souvent demandé, comme aux modèles des photographes, de « garder la pose ». On entendra ce terme dans toutes ses acceptions.
Il y a là-dedans quelque chose d’un « mystère » incompréhensible: cet abandon, cette acceptation de faits qui dans le domaine de l’ « habituel » pourraient paraître odieux, intolérables.
 
Bien qu’ayant sans trêve parlé de sensations érotiques particulières, je me suis toujours grandement méfiée de ne pas jouer sur la fibre de la description d’un « état second », de ne pas faire vibrer la corde d’un « no control ».
Je considère ces expressions comme erronées et même dangereuses.
Il y a quelques années que certains groupes américains font du BDSM une « expérience mystique » qui serait à relier à la vague qui est sortie de leur « New Age ».
Je leur laisse cette interprétation en souhaitant qu’elle ne soit pas adoptée en France.
 
Je ne tiens pourtant pas non plus à faire l’hypocrite, à dire que tout cela est « normal » et « le lot de chacun ».
Non, je comprends parfaitement les questions que quelques-uns se posent.
-Mais pourquoi demande-t-Il cela ? De quel droit ?
-Mais pourquoi s’y astreint-elle ? Au nom de quoi ?
 
La sexualité est un territoire bien étrange. Le plaisir aussi.
Je ne peux les différencier, pour moi en tout cas, du sentiment amoureux.
Lui et moi comme une sorte de symétrie.
Et un esthétisme jamais renié.
C’est pour cela que, à mon sens, les soumises sont belles, quel que soit leur âge…
 
La photo de Weston est très emblématique même si elle n’a aucun rapport avec le sujet traité sur ce blog.
Symétrie de la ligne tracée dans les cheveux et de la partie qui va de la cuisse au genou là précisément où la tête repose.
Les pieds qui n’habitent plus la terre et qui semblent attendre aussi bien la bouche d’un amant que des cordes pour les lier fermement au lit.
Les mains comme jointes en prière qui occupent quasiment tout l’espace « compréhensible » par leur présence pourtant si absente.
Le torse et les seins cachés que l’on devine comme un coussin de chair douce, une réplique inventée des cuisses si tendres…
 
Le ventre imaginé comme l’on imagine le centre exact de la beauté contorsionnée. 
« Convulsive » aurait dit Breton…
 
Le tout installé sur ce lit si indistinct qu’il en devient liquide et ce fond noir, l’ombre nécessaire pour qu’existe la lumière.
 
Une offrande, c’est la parole exacte.
La soumission est une offrande. A l’autre mais aussi à soi-même.
Que la soumise soit dotée d’orgueil est le fait que j’ai le plus de mal à faire comprendre, à faire passer.
Ce fait contrarie tout le « Dogme BDSM ».
 
Ce fait existe pourtant.
 
« Et pourtant, elle tourne » comme disait Galilée…