BDSM Chaîne Dos

                                                                         Photo © ???

 

 

Les enfants ont le don de la créativité.

Ils regardent tout d’un œil neuf, d’un seul et la tête à demie penchée.

De l’autre œil, perdu eux seuls savent où, ils inventent.

Ils ont cette imagination qui nous échappe une fois que nous sommes parvenus à l’âge adulte et que nous ne pouvons retrouver qu’en cherchant/trouvant un sens différent à ce qui est placé là, sous notre regard.

Le BDSM, le mien, ce serait à peu près ça.

 

A la même seconde, je suis enfant nouvelle née et pareillement femme dans sa maturité.

Il suffit d’un effort physique et mental pour que l’enfant prenne le dessus.

Elle frappe tous les jours plus fort, plus violemment, à ma porte, la porte de mes gestes, de mes mots et de mes pensées

J’ai tellement envie de jouer, d’enfoncer mes doigts candides dans la boue des ruisseaux pour préparer, entre pierres et feuilles, un repas feint pour l’offrir à mes poupées.

Je regarde mes mains déjà marquées par le passage du temps et je les vois redevenir douces et toutes petites. Mon regard redevient ingénu et malicieux.

Et c’est cela la soumission, les chaînes qui libèrent…

Chaque jour à chaque minute, je me donne une autre opportunité.

 

Et puis il y a Toi.

S’insérer dans le courant du fleuve de quelqu’un d’autre est quelque chose de merveilleux. Se laisser transporter par un flux étranger est enivrant.

Il suffit de trouver un anneau de conjonction, de s’y encastrer avec la juste précision pour créer une nouvelle chaîne, autre, différente….

Et c’est cela la domination, les chaînes qui libèrent…

Adrénaline pure, chaos, irrationnel, absence de logique, expériences qui me donnent la confirmation d’être désormais une entité diverse, vibrante.

Qui me donnent la confirmation d’être en vie, qui me donnent la certitude qu’il suffit de détourner le regard, de ne plus se servir que d’un œil et se mettre à pencher la tête pour voir mille dimensions…

Qui peuvent se conjuguer en une seule, la nôtre.