David Hamilton Mona Kristensen Bilitis 1977

                                             Photo : Mona Kristensen et Bernard Giraudeau dans Bilitis © David Hamilton

 

 

 

Je commence ce soir par les résultats d’un petit sondage, toujours en provenance du même site.

 

Il s’agissait cette fois-ci de répondre à la question :

 

« Comment avez-vous vécu le moment où vous avez pris conscience de votre « nature » BDSM ? ».

 

Il y avait quatre propositions :

 

1) Très simplement, cela ne m’a causé aucune complication : 54,36 pour cent.

 

2) Bien mais cela m’a perturbé(e) lorsque j’étais adolescent(e) : 13,95 pour cent

 

3) J’ai mis des années à me comprendre et à m’accepter mais aujourd’hui tout va bien : 22,09 pour cent.

 

4) Aujourd’hui encore, je ne parviens pas à être en phase avec ces désirs et je les vis mal : 9,59 pour cent.

 

Dans l’ensemble, je ne trouve rien d’étonnant à ces résultats.

Ils me semblent correspondre assez bien aux personnes que j’ai pu côtoyer dans l’ambiance BDSM.

 

Je ne veux m’attarder qu’un instant sur cette notion d’adolescence puisque ce fut à ce moment-là de ma vie que je pris effectivement (et non de façon floue comme ils existaient déjà auparavant en moi) conscience de mes désirs BDSM et qu’ils furent, loin d’être un problème, quelque chose que je considérais alors comme un plus.

 

Il faut dire que j’ai été adolescence dans cette « parenthèse enchantée » que fut la décennie qui suivit mai 68.

C’était une époque qui privilégiait justement tout ce qui pouvait bouleverser l’ordre établi, une époque de création (et quelle plus belle création que la découverte de soi), une époque de pas en avant.

Je me souviens que le BDSM n’est jamais entré en conflit en moi avec mon féminisme fort actif alors à cause du slogan que je donne ici en italien puisque c’est là-bas que je vivais alors « il corpo è mio, me lo gestico io » (mon corps est à moi et c’est moi qui le gère).

Si je désirais gérer « masochistement » le mien, cela m’apparaissait simplement comme l’expression de ma liberté.

Une liberté qui prenait les formes les plus variées dans une chambre où voisinaient les posters du « Che », de Lénine, de Jim Morrison, de Nico, de Marilyn Monroe et ceux de David Hamilton.

L’affirmation de ma sexualité fut mon premier « mais » à tout ce qui était la banalité et je l’ai accomplie comme une « mue gaie ».

 

Je voulais en ce premier mai plutôt que de parler « clochettes » ou Diorissimo™ saluer mai 68.

Comprenne qui pourra ou encore qui voudra...