Andy Warhol 1987-2007

                                                            Photo © David Mc Cabe

 

 

Dans les « post-it » jaunes, ceux qui entourent mon écran, il y a les trucs dont je me promets de parler et que je remets sans cesse à demain.

Pour celui-ci, ça devient une urgence.

Sorti début février, à la fin de ce mois il ne sera plus disponible dans les kiosques et il vous faudra alors le commander.

Ça ne nous laisse que trois jours.

 

L’objet en question, c’est le hors-série des Inrockuptibles consacré à Andy Warhol, un hommage « vingt ans après » (1987-2007) pour le coup assemblé sous la forme d’un dictionnaire : « Andy Warhol de A à Z », gorgé de documents iconographiques.

Vendu accompagné d’un CD qui, pour mon goût, est hors-sujet passés les deux premiers titres mais qui a tout au moins le mérite d’offrir la photo de sa pochette à ma note.

 

Photo de mode à l’origine, belle image de David McCabe, cette symétrie entre Warhol et Edie Sedgwick en premier plan d’Empire State Building, semblant prendre leur envol pour démontrer le fameux postulat warholien du « quart d’heure de célébrité mondial » de chacun...

 

Andy, on aime ou on aime pas. Je vous fiche tout de même mon billet qu’il n’est pas/plus très connu aujourd’hui. Je veux dire connu à fond. Déjà cette histoire de « pop », pop art, pop music, à combien parle-t-elle encore ?

 

L’abécédaire, sur l’idée duquel j’étais très sceptique en ouvrant le mag est une brillante entrée en matière dans le monde d’Andy. Tout est là, curieusement dans le bon ordre, et tout est dit.

Pour ceux qui veulent l’exégèse en plus, livres, DVD, expos et sites sont soigneusement répertoriés dans les dernières pages.

 

Les vieux comme moi retrouveront ce que fut Warhol pour eux, les jeunes comprendront soudain bien des références musicales ou autres qui leur échappent, faute de savoir qui était le curieux bonhomme autour du berceau de celles-ci.

 

Warhol, c’est une histoire à lire et à voir. Si, comme on dit ironiquement, « elle n’est pas triste », elle n’est pas gaie non plus.

Celui qui voulait être un Truman Capote fut bien autre chose.

Mais à quel prix.

Pour lui et des tas d’autres.

La « Factory » a été un lieu d’expérience, de construction mais aussi de destruction même si celle-ci est advenue longtemps après.

Pensez à la belle Edie de la photo and also, remember Nico…

 

Qu’est-ce que ça fiche là sur un blog BDSM ?

Vous n’avez pas tort de vous le demander.

 

Je n'ai aucune révélation fumante à faire.

Je ne sais rien des secrets bien cachés de la Factory et de ceux de Warhol.

Mais tout de même, on peut lui attribuer et la conception du « Velvet Underground » et celle de l’album à la banane, « The Velvet Underground and Nico », dont tout le monde retient surtout l’hypnotisant « Venus in furs ».

On pourrait me dire que c’est un hasard, que Lou Reed mit n’importe quelles paroles sur un air, que ça aurait pu être « Cendrillon en pantoufle de vair »*, que si, lors des premières représentations sur scène, la chanson était jouée tandis que Gerard Malanga, poète et éphèbe de la Factory, dansait devant la scène avec un fouet, le fouet, il l’avait trouvé par terre et qu’il n’était entré là que parce qu’il avait vu de la lumière…

 

Mais bon, la lancinante chanson est un hymne BDSM depuis des années et personne n’est encore venu pour l’arracher à sa légende.

 

Légende.

Tiens, voilà un mot qui convient parfaitement si vous voulez vous lancer à la rencontre de Warhol dans les trois jours à venir…

 

 

 

*Il est désormais attesté que le « Yesterday » des Beatles qui a mouillé les yeux de nos jeunes années ne fut d’abord qu’une mélodie laissée de côté parce que les seules paroles qui venaient à l'esprit de Paul étaient :

« Scrambled eggs,

Oh baby how I love your legs... »

On imagine sans mal le succès « différent »  qu’elle aurait eu si elle était restée ainsi…