René Char 1907-2007, Printemps des Poètes

                                      BDSM, Marquis de Sade, Château de  Lacoste

                                         BDSM, Marquis de Sade, Man Ray

 

 

1 et 2: Photos René Char et Château de Lacoste © ???

 

3: Dessin « Second Portrait Imaginaire du Marquis de Sade » © Man Ray

 

 

En ces jours du « Printemps des Poètes » et en cette année qui coïncide avec le centième anniversaire de sa naissance, comment ne pas accorder la part belle ce soir sur cette page à René Char, en invitant à aller le relire et le relire encore…

Et puisque blog BDSM il y a, proposer quelques extraits des nombreux textes ou poèmes qu’il consacra à Sade…

 

Longue histoire qui les unit, commencée lorsque René Char avait fait la découverte chez les descendantes du notaire de Sade, tout près de sa chère Isle-sur-Sorgue, de lettres écrites de la  main du Marquis qui lui donnèrent l’occasion de se mettre en contact avec Maurice Heine qui oeuvrait alors à l’édition de Sade.

Histoire continuée dans les allées du Surréalisme et la revue « Le Surréalisme au service de la révolution » où il écrit au sujet du château de Lacoste:

 

« Quelle existence particulièrement bien comprise arrivera à percevoir à l’heure d’un couchant exceptionnel les vibrations de l’insolite monument dressé sur une grève de pierres hantées à la limite des eaux mortes entre deux rivages à jamais arides ? »

 

Lacoste où il promène avec Eluard.

Lacoste qui lui fera connaître Gilbert Lely, qui reprend le flambeau de Heine.

Heine auquel il a dédié son poème « Sade, l’amour enfin sauvé de la boue du ciel » inclus dans le recueil « Le marteau sans maître » :

 

« Le pur sang ravi à la roseraie,

Frôleuse mentale en flambeau,

Si juteuse le crin flatté,

L’odorat surmené à proximité d’une colonie de délices

Hèle les désirs écartés,

Empire de la rose déshabillée,

Comme gel sous l’eau noire, sommeil fatal, crapaud. »

 

Sade toujours qui l’accompagnera même dans les années de la Résistance, éternel symbole de la bêtise perpétuée du jugement humain telle qu’elle apparaît dans ce poème en prose , le 210ème des « Feuillets d’Hypnos », écrits de 1943 à 1944 et qui sont ses notes du maquis.

 

« Ton audace, une verrue. Ton action, une image spécieuse, par faveur coloriée.

(J’ai toujours présent en mémoire  le propos niais de ce charbonnier de Saumanes qui affirmait que la Révolution française avait purgé la contrée d’un seigneur parfaitement criminel : un certain Sade. L’un de ses exploits avait consisté à égorger les trois filles de son fermier. La culotte du Marquis était tendue avant que la première beauté n’eût expiré…

L’idiot n’en put démordre, l’avarice montagnarde ne voulant évidemment rien céder.) »

 

 

 

 

Tous les recueils de poèmes de René Char dont disponibles aux Editions Gallimard, notamment dans la collection de poche « Poésie ».