BDSM Fiction

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Toujours ma fiction, toujours le même personnage, un Dominateur BDSM en son introspection…

 

 

La vie ne nous avertit de rien.

De ce que nous ferons subir mais aussi de ce que nous aurons à subir, nous ne sommes pas prévenus.

Ainsi ne connaissons nous pas les autres et surtout nous ne nous connaissons pas.

 

Je ne sais pourquoi les choses doivent indéfiniment se dérouler de semblable manière.

Ce qui est le plus précieux s’en va, sort de notre vie et quoi que nous fassions, il ne nous est jamais possible de le retenir.

 

Avec moi, malgré les apparences, tu ne tenais rien entre tes mains.

Quelque chose me dit que tu le pressentais et qu’au fond, tu ne t’es jamais réellement fiée à moi, même si tu me nommais ton Maître.

 

D’autres fois, je me dis que non.

Que c’est moi, le Dominateur qui ici, s’autoflagelle.

Et que comme je t’ai aimée, personne ne saura plus le faire.

Longtemps, je t’ai tenue arrimée à mon corps malgré ces fois où je te rejetais brutalement.

De côté. 

Hors de mon rayon. Celui que je voulais unique.

Celui que tu me faisais croire unique.

Qui voulais-je punir ?

Toi.

Toi.

Mais te punir de quoi ?

La question véritable aurait été de me demander qui voulais-je punir à travers toi.

Mais y répondre m’aurait brûlé.

Et révélé le plus horrible, que je n’étais pas un Phénix.

Que je ne me relèverais pas de nos cendres.

 

Je me sentais Grand parce que je te voyais agrippée à mes doigts et je plaçais ma fierté dans le fait que de moi seul dépendait que tu ne tombes pas dans le vide.

Et puis, un jour pourtant, j’ai relâché la prise sans en connaître la raison mais consciemment.

Je t’ai laissée chuter dans l’abîme.

Et en une seconde j’ai compris toutes ces choses que mon orgueil avait rendues brumeuses.

Tu sais la suite, ce qui est arrivé.

Le plus inattendu était au rendez-vous.

 

En réalité, c’est moi qui suis tombé, moi qui me suis dématérialisé dans le vide.

Pas toi.

Et pour autant que j’avais pu croire que tu dépendais de moi, c’était toi qui avais ces incommensurables capacités de survie que je n’avais pas entrevues et que jusqu’à ce jour-là toi-même tu n’avais pas explorées.

 

Elles te sauveront en toutes circonstances.

Tu es intrinsèquement ta défense et ta sauvegarde.

 

La plus forte, c’était toi.

La soumise. L'esclave.

Et c’est peut-être de cela qu’il fallait te punir.

Mais la plus forte, oui, c’était toi.

Souviens-t-en toujours et souviens-toi aussi un peu de moi. Toujours.

 

Et moi ?

Le Maître ?

 

Tu as disparu et comme du plomb, lourd, lourd, je suis tombé et tombé et tombé encore.

Et encore.

 

Sans appel.

Un jugement de pierres.