Please Sir Spanking Fessée PJ Ballard

                                                           Dessin © PJ Ballard

 

 

 

Pleine d'appréhension, j'ai refermé mes livres.

Je suis à la maison. Pourvu qu'il me délivre...

De ce mal qui me noue et puis qui me dépulpe.

Un rien pourtant en somme.

Oui, mais quelle détresse! 

 

J’attends l’attendrisseur de fesses.

 

Il faut bien reconnaître que, de marches à pied multiples en trop longues stations assises, la chair postérieure connaît quelque avanie.

Trop plate ou trop tendue, elle a besoin d’autre exercice que sportif pour retrouver sa magnificence de demi-lunes roses.

L’attendrisseur de fesses traite bien le problème.

Il opère, le diable d’homme, quasi professionnellement tant il possède le geste juste à point, le geste nécessaire et les objets qu’il faut pour les cas plus sévères.

Sa besogne, il l’accomplit avec noblesse.

C’est un titre de gloire : attendrisseur de fesses !

Il faut le mériter et seule la pratique peut apporter science, le diplôme « Honoris » causa tant d’accidents qu'il fallut l'annuler.

 

Attendrisseur de fesses est comme un sacerdoce.

Car une fois acquis qu’on l’est et pour de bon, c’est à deux fesses seules qu’on peut se consacrer.

Mon attendrisseur m’attendrit en exclusivité.

Ses paumes vigoureuses sont à moi, rien qu’à moi.

Ses onguents mystérieux sont à moi, rien qu’à moi.

Les ustensiles fins et longs qu’il emploie pour me décontracter quand je suis trop vrillée, c’est dans la nature et pour moi seule qu’il les a trouvés.

 

Myorelaxant, anti-inflammatoire, l’attendrisseur de fesses est bien plus que tout ça.

Dans ce mot il y a, niché tout en dessus, le mot « tendresse » à voir.

Dans mon cas à sentir.

 

L’attendrisseur de fesses me prend sous sa gouverne.

Sur ses genoux parfois.

Il dévoile, il relève, il trousse ou il dépouille avec des mains de mage.

Il tend un drap de lin si je dois m’allonger.

 

Il manie tous ses doigts avec dextérité.

Ah ! Ces doigts qui redonnent cette légèreté.

Mon fessier est déjà ravivé dès l’approche, dès le premier toucher, dès le premier frapper.

Frapper doux.

Ecoutez : on dirait un « Flap flap ».

Evidemment le son gagne ensuite en puissance.

Et puis en rythme aussi.

 

L’attendrisseur de fesses détient dès la naissance cette oreille absolue qui fait pâlir d’envie beaucoup de musiciens.

Cet attendrisseur tendre vous jouera la salsa et vous en laissera le plaisir, les bienfaits sans qu’en salle de gym vous alliez exsuder.

 

Il arrive hélas que la fesse rétive, crampée au maximum, réclame un peu plus mais qu’à cela ne tienne !

L’attendrisseur de fesses est un fin botaniste.

Lorsqu’ils le voient venir, les arbres lui concèdent, d’une approche complice, leurs rameaux les meilleurs.

L’attendrisseur de fesses est tant homme des bois qu’il est homme des villes et ses cannes et baguettes vous apportent alors le grand soulagement, la fin des crispations, garanties travaillées artisanalement.

 

Je vous en parle, moi, en toute connaissance.

 

Il y a seulement quelques minutes encore, j’étais en ses bons soins et tandis que j’écris, je sens des lignes rouges qui, comme un radiateur, chauffent en continu mon mignon postérieur redevenu après la semaine agitée, rose-rouge et tout rond, mœlleux, réparé…

 

Une vraie fleur.

Un cœur.

Mais vous l’aviez compris…