Arne Jahn Spanking

                                                         Photo © Arne Jahn

 

 

 

Ce n’est pas pour rien que son amoureux lui a donné ce surnom.

Lucifesse est une diablotine.  Il ne lui manque qu’un petit trident fourchu.

C’est sa langue qui l’est. Langue de vipère.

Elle sait manier les mots, taquiner les egos.

Lucifesse ne sera jamais une Lucy au ciel avec des diamants.

Ce n’est pourtant pas une caricature de méchante fifille. Dans « caricature », il y a l’idée de « chargé ». Lucifesse est bien trop subtile pour ça.

Et puis, elle a passé, de longue, l’âge de raison, l’âge vert et celui des jeunes filles en fleurs...

Non, elle n’a pas l’âge de la carte vermeil mais ce ne serait plus dans sa note de jouer les sales gosses.

Lucifesse préfère jouer les fées Carabosse.

Elle enveloppe, elle envenime, elle étourdit, elle ébahit.

Elle laisserait presque KO quand elle veut juste qu’on soit OK.

 

Lucifesse est la reine des abeilles : elle remue sans cesse, est partout à la fois, ne se tait jamais vraiment.

Elle se moque. Gentiment acerbe.

Elle provoque quand elle est en verve.

Elle mâchonne un bâton de réglisse, d’un air ingénu s’insinue, la jupe faussement relevée comme par un mouvement maladroit, histoire d’accentuer ses plus belles rotondités ou de mettre en valeur ses dessous chics.

Ou bien, elle rend l’atmosphère infernale du tic-tac des ses bottines. C’est une histoire de tactique féminine.

Il n’est pas dupe. On n’en est qu’au prélude.

 

Lucifesse ne demande rien, ne quémande rien.

Elle est tentatrice.

Elle passe, elle repasse, elle agace.

Elle chantonne pendant les infos, l’œil allumé de malice.

Elle zappe en s’asseyant sur la télécommande mais au moment des tirs au but.

Lucifesse, il conviendrait de la chasser d’un coup de tapette à mouches. Mais qui oserait ?

Sûrement pas le Bien-Aimé…

Lui a de toutes autres idées.

Quand il a assez rongé son frein, quand il a assez avalé de couleuvres, il bondit, jaguar attentif.

Il arrache la jupe en bas, le caraco en haut. Holà !

 

Accroche-toi au canapé, Lucy, appuie-toi bien. Cambre les reins.

Ce que tu cherchais, tu l’as trouvé!

Ce sont tes fesses qui vont flamber, capricieuse acharnée.

A toi donc les feux de l’enfer, diablotine invétérée.

Moi aussi, j’aime la vitesse et les gestes et les mouvements.

J'ai des mains larges et habiles à faire cesser tout babil.

Et les abeilles pareil ! Et les bourdons les plus zinzins.

Enfin.

Tu peux bien garder tes bottines, leur tic-tac se perdra au vent.

Tu chantais ? J’en suis fort aise.

Compte les temps maintenant.

Nous ferons dans le binaire si tu n’y vois pas d’inconvénient.

Ah ! Là, tu perds ta superbe, et ta réglisse tombe à terre.

Tu ne mâches plus maintenant mais tu brames en suppliant et je n’y crois pas un instant.

Pim Pam Poum ou bien Ping et Pong pour celle qui était jalouse que je voie les informations.

Le ballon te gênait, donzelle, il prenait trop mon attention.

Et bien voilà que, ma belle, j’en ai deux pour taper dedans.

Deux beaux, joufflus, tendres et tièdes, tes fesses à nulles autres pareilles.

 

Mais Lucy qui veut tout de même avoir le dernier mot, l’infâme, pousse un cri brisant  les carreaux lorsqu’à la fin, elle se pâme…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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