Zinedine Zidane Coupe du Monde 2006 AURORAWEBLOG  

                                                                Photo © ???

 

Non, non ce n’est pas pour parler ici de « Pourquoi pas le Brésil ? », ce roman de Christine Angot qui date déjà un peu.

Mais des Bleus. Ceux avec la majuscule.

Pas les bleus, les hématomes que laissent parfois quelques coups de cravache un peu rudement assénés dans une belle envolée BDSM.

 

Les Bleus, je n’y ai pas fait allusion jusqu’ici parce que je suis à demi-italienne (pas superstitieuse mais…) et qu’ à trop souhaiter une chose on a peur, au pays de Dante, d’attirer sur  elle la déveine, la guigne , la scoumoune, le mauvais sort…

Et 2002 m’avait suffisamment refroidie.

 

Je ne suis pas foot du tout.

Je connais seulement quelques règles de base que m’avait apprises mon grand-père sur le stade de notre petit village quand j’étais enfant et qu’il m’amenait regarder jouer les « minots » du coin.

Et quelques autres depuis 1998 quand je fus, comme tout le monde, prise dans le grand tourbillon.

 

Les Bleus, c’est une petite partie de moi, liée à cette année-là, à mon fils tout bébé et à cette fête permanente qui avait envahi nos rues puisque j’avais la chance de vivre dans une ville avec un stade où se déroulaient quelques matchs.

Ils étaient beaux et gais et bariolés, les supporters de tous ces pays lointains qui se croisaient sur les avenues en chantant et qui échangeaient des gadgets, des insignes avant de se rendre à la partie.

Ça m’avait fait oublier que le football, jusque là, l’adulte que j’étais devenue le regardait d’un air méprisant comme une affaire de hooligans.

Je n’ai pas vu jouer les Bleus en 1998 sinon à la télé.

Mais je me souviens de l’incrédulité qui se transformait en passion de match en match.

Parce que tout avait alors commencé par des critiques sévères sur Aimé Jacquet et sa sélection.

Parce que le Français n'aime rien tant  que de critiquer ce qui vient de France...

Et puis, sablier renversé, les Bleus étaient devenus des idoles…

Qui oubliera cette finale ? Et un et deux et trois…zéro !

 

Mais houla ! Cette année !

Les pauvres, qu’est-ce qu’ils ont déjà essuyé !

Equipe de vieillards poussifs, épuisés, rien dans les jambes, tout juste bons pour être désamiantés à l’Arsenal de Brest.

 

Même M., qui est un footeux pur jus, même Lui qui est un fan de Ribéry (allez l’O.M., évidemment !), n’y croyait pas.

Faut dire que le début de la Coupe n’a pas été flambant.

Et puis aussi que Domenech n’est pas de ces hommes qui font vibrer.

Difficile de trouver en lui une once de passion.

Avec ses petites lunettes et son air d’avoir avalé un parapluie il a, sur le banc de touche, le style rébarbatif d’un député UMP sorti de quelque circonscription campagnarde qui se donne une contenance intellectuelle parce qu’il est invité sur un plateau télé.

 

Moi, je voulais revoir les Bleus.

Mes Bleus.

Jouer encore une dernière fois une Coupe du Monde.

Parce que les miens, ceux qui restent, ne seront pas de la prochaine.

Parce qu’est venue l’heure du passage de témoin.

C’est la vie.

 

C’est une histoire de nostalgie personnelle, ce qui me reste de cet enthousiasme estival d’il y a huit ans, le plus festif de ma vie.

Après, rien n’allait plus être pareil. Le seul amateur de «calcio » de la famille, mon pépé italien, allait bientôt disparaître.

Et le foot, et le cyclisme aussi, s’en aller avec lui.

 

Cette année je voulais que mon fils, qui ne manifeste aucun intérêt pour le sport en général et le foot en particulier, voie une fois le ballon entre les pieds de Zidane.

Puisqu’il est né avec cette légende, qu’elle ne reste pas pour lui une ou deux photos le jour où il rencontrera ce nom comme je rencontre quelquefois celui de Pelé.

 

Et ce soir, ça au moins, c’est gagné.

C’était un sacré beau match. C’était un sacré beau but même pour un gaminou qui n’y entend rien.

Quel style et quel panache pendant 90 minutes ! Les anciens comme les nouveaux.

Des vrais Bleus, quoi !

 

Alors maintenant, au point où l’on en est…

(A condition de le chuchoter pour ne pas appeler Les Foudres!)

Pourquoi pas le Brésil ?