BDSM Domina AURORAWEBLOG

                                                         Photo © Arne Jahn

 

M comme Misogynie...

 

 

Loin de moi l’idée de vouloir prétendre que la misogynie est inhérente au BDSM.

Vanille à 100 %, le beauf du samedi soir en discothèque une fois ses deux bières avalées, en donne un exemple beaucoup plus concluant.

Ma concierge aussi.

Mais la chose se corse tout de même un peu « idéologiquement » quand il s’agit de « Maîtres » et autres.

 

Tout d’abord, le dominateur « clair et net » existe. Il se découvre ainsi un jour et commence alors à vivre le plus sereinement du monde sa sexualité. Rien à y redire.

Je me méfie déjà un peu plus de ceux qui prétendent avoir, dès l’enfance, dominé la cour de récré et qui expliquent ainsi que…Comme de ceux qui disent en avoir senti la « vocation » à l'âge adulte en dirigeant une équipe, une entreprise… Mais là, c’est dans leur revendication du label de « maîtrise » que j’aurais envie de leur chercher des poux sur la tête et non sur la misogynie.

 

Le dominateur misogyne est celui qui a un compte à régler avec une femme (ou les femmes) et qui « prend le cuir », comme on prend le voile, pour y parvenir ou tout au moins apaiser ce bleu à l’âme.

Une histoire de revanche, en somme.

J’en ai connu de nombreux : ils ne le disent pas,  ils l’ignorent peut-être, même si cela crie aux yeux de tous.

La femme qui les a rendus misogynes, c’est généralement la mère.

L’un d’entre eux qui disait être conscient de son statut depuis son entrée dans le monde du travail où il avait occupé de hautes fonctions ne voyait pas que, dans la plupart des textes qu’il écrivait, il en revenait toujours à son enfance abandonnique et à une mère partie vivre bien loin de ses enfants.

Un autre avait une mère qui lui téléphonait au moins deux fois l’heure. Il avait pourtant passé la cinquantaine. Il ne coupait jamais son téléphone en pleine « séance » et la sonnerie spéciale lui faisait saisir l’objet en disant « C’est ma mère ! » d’un ton affolé.

Ensuite, ils se disputaient violemment, il lui raccrochait au nez. Elle rappelait.

Il expliquait : « Je déteste ma mère. Elle me demande de l’assumer alors que lorsque j’étais enfant, elle m’a mis en pensionnat dans la ville même où nous habitions pour pouvoir courir le guilledou avec ses amants »

A l'époque, son père beaucoup plus âgé que son épouse, préférait fermer les yeux sur tout, cocuage et enfant mis à l'écart. 

Le petit garçon passait même les dimanches au pensionnat catholique, fêtes obligatoires exceptées.

Il racontait tout cela avant de reprendre méthodiquement ses coups de martinet.

Il avait été marié une première fois avec une femme qui était… une mère idéale, l’avait trompée avec de nombreuses soumises, puis avait divorcé pour se remarier avec l’une d’elles et du jour au lendemain, une fois passée la bague au doigt, il avait interrompu leur relation BDSM, mystérieusement impossible désormais selon lui, pour chercher d’autres soumises ailleurs.

De cette seconde épouse, il ne cessait de dire que, farouche indépendante avant leurs noces, elle était ensuite devenue très attentive, abandonnant son métier pour le seconder, s’occupant de son bien-être etc. mais l’autonomie avait fui.

Il cherchait donc à fouetter dans le rebelle, l’opposé, le marginal, les femmes libres.

Comme l’avait été sa mère.

Ses sévices étaient des services qu’il rendait à un petit bonhomme mal aimé. Il ne demandait jamais si l’on éprouvait du plaisir avec lui.

Et dans les périodes de « disette », comme il était fortuné, il recourait aux performances de dames de l'art, qui tarifaient la prestation et montait pour cela en voyage d'affaires dans la capitale.

Il avait même le courage de dire qu' une « session » avec une pro ou avec une relation régulière lui apportait le même effet.

D’ailleurs, il n’aimait pas les femmes dans leur ensemble: toutes, les journalistes, les politiques de quelque bord qu’elles soient, ses collègues...

Il ne vénérait que quelques pin-ups du show-biz et racontait couper le son pour regarder Ardisson sauf quand apparaissait une plantureuse.

 

Les soumis ne sont pas moins misogynes qui veulent absolument voir derrière toute soumise une domina en puissance. Ce sont les conversations les plus étonnantes sur les chats : « Comment pouvez-vous savoir, Madame, puisque vous n’avez jamais essayé ? »

Ils cherchent à vous envelopper dans les liens de la courtoisie, sont généralement d’une politesse exquise, mais, lorsque vous lisez leur CV, leur recherche est  aussi impérative que celle des « Maîtres ». Ils parlent peu des exigences que pourrait avoir la « Dame » mais listent ce qu’elle pourra exiger d’eux (leur plaisir à eux!)…

Là, pour une fois [voir plus bas], je plains les Dominas.

 

Venons en là où le bat blesse.

Les femmes ne s’aiment pas plus entre elles dans le BDSM que dans le vaste monde.

Qu’on ne me fasse plus le coup de la « sororité ». J’ai appris au fil des ans que les pires des jalousies, des mesquineries de bas étage se jouaient entre femmes sous des épaisseurs d’hypocrisie sucrée et lénifiante.

Dans « L’ivresse du pouvoir », Chabrol fait très justement dire à un personnage de donner à Jeanne Charmant-Killman une assistante féminine puisque « Les femmes ne pensent qu’à se tirer entre les pattes. »

Alors, en BDSM, imaginez…

 

Les soumises se voient quasiment toutes en rivales même si elles ne l’avoueraient pas pour tout l’or du monde. Il faut dire que la recherche souvent réclamée d’une seconde soumise par le maître n’est pas là pour arranger les choses.

Dans les soirées, c'est la valse du regard sournois traquant la cellulite ou les rides des inconnues en laisse, la texture des seins emprisonnés dans les bondage(s)...

Mieux vaut en rire.

 

Les dominas n’aiment pas les soumises ou alors seulement les soumises-soumises : puisqu’elles sont soumises, qu’elles la ferment ou bien qu'elles courtisent!

J’ai lu il y a quelque temps une note pas piquée des hannetons sur le blog d'une Domme où celle-ci s’étonnait qu’une soumise puisse écrire « Je suis belle, raffinée et cultivée* » sur son weblog alors qu’elle n’aurait dû « marquer » qu’humilité et obédience.

 

Enfin, les soumises n’aiment pas les dominas en général.

Leur cruauté, jouée ou vraie, qui les fait ressembler à des vampires (voir leur réprésentation dans la photo-fetish : cuir, cuissardes, cravache, fume-cigarette.) Ou alors leur côté masculin.

Je ne nie pas avoir hurlé d’horreur en lisant « Séances » de Gala Fur et cette femme dont j’avais bien aimé pourtant le « Osez le SM » publié chez la Musardine est devenue mon « monstre du soir ».

J’en suis presque à vérifier avant de me coucher qu’elle ne se cache pas sous mon lit !!!!

 

 

 

 

*Je n’ai pas pu  trouver le weblog en question. Je me demande s’il existe. Parce que même dans les blogs « lambda » ou les blogs-sexy, je n’ai jamais vu quelqu’un être assez bête pour se présenter avec pareille phrase …

 

 

Réédit 12 mai 17 h 25 :

La blogueuse qui a publié la note « pas piquée des hannetons » m’a adressé un mail pour m’indiquer que le blog (en fait deux  blogs plus un forum) existai(en)t bien.

Je n’ai pu trouver l’expression citée sur les deux blogs (je ne connais pas le forum) mais il est vrai que l’on peut retoucher ses notes sur un blog en enlevant un mot ou une phrase.

L’honnêteté vis-à-vis de la personne qui a pris la peine d’envoyer ce courriel veut donc que je rajoute ceci à ce post.