F COMME FIL CONDUCTEUR (2) ...

 

Pour cinq soirs encore, ce n’est pas moi que vous lirez mais un texte savoureux et tout à fait « dans ma ligne », venu tout droit du Canada, qui raconte le voyage au pays du BDSM d’une jeune journaliste nommée « Satanique »… J’ai dû, pour vous le livrer, le découper en six chapitres ( comme l’auteur l’a fait, d’ailleurs ) car c’est une fort longue enquête et que je sais que le temps de lecture passé sur un post n’excède pas les deux minutes en règle générale (dixit E-Stat !)…

 

 

PS : Ce texte dans sa version originale est disponible sur :

http://levillagelibre.naucelle.com/index3?page3=bdsm11

 

journal en ligne généraliste d’actualité fort intéressant par ailleurs …

 

 

 

2 - LA SOUMISSION A PLEIN-TEMPS

Le BDSM est d’abord et avant tout un échange de pouvoir entre une personne qui domine - le Dominant ou le Maître -, et une autre qui se soumet - la soumise ou l’esclave.
(Pour faciliter la lecture de cet article, je mettrai le Dominant au masculin et la soumise au féminin.).
Remarquez que dans ce milieu, il existe des gais, des couples, des femmes qui dominent, des hommes qui se soumettent et d’autres qui parfois dominent, parfois se soumettent. Le Maître et son esclave sont en fait un dominant et sa soumise qui font du BDSM à plein temps – ils ne limitent pas leurs activités à la chambre à coucher ou au donjon. Le BDSM englobe bien des choses, depuis la fessée anodine jusqu’à l’esclavage (volontaire), en passant par le fouet, les jeux de rôle (le médecin et son infirmière, la maîtresse d’école et le vilain petit garçon), le piercing, le bondage japonais et autres sévices raffinés avec, toujours, l’érotisme en toile de fond.
Le BDSM commence à sortir un peu de l’ombre grâce (ou à cause) d’Internet. Pour vous donner une idée, en février 2001, j’ai fait une recherche dans www.google.com en entrant BDSM et j’ai obtenu 1 280 000 résultats en 0,03 seconde. Aujourd'hui, la même recherche donne (vous êtes assis ?) 5 070 000 résultats en 0,28 seconde ! Qui oserait nier l’influence du Net sur les mœurs du genre humain après ça ? Dans le cas de «bondage», c’est encore pire (ou mieux) : 2 980 000 résultats en 0,07 seconde en février 2001 et 19 100 000 en 0,37 seconde aujourd'hui. «Fétichisme» (fixation sur des trucs qui n’ont habituellement aucune signification érotique, comme une vieille paire de savates ou une carte postale), donne 174 000 résultats en 0,07 seconde. Et on veut nous interdire de nous aimer! Un tel engouement n’est pas sans danger. Ce n’est pas parce que le Net permet de trouver un partenaire que l’on peut s’improviser bourreau du jour au lendemain.

Dans un donjon par un beau soldat


Mais encore ?
Avant de passer aux choses sérieuses, voyons un peu plus en détail ce que font les adeptes du BDSM lorsqu’ils se retrouvent entre eux. D’abord, sachez qu’un sadique ne ferait jamais de mal à une mouche. Quoique l’enculage d’icelle – ne me regardez pas comme ça… c’est dans Le Petit Robert -, se pratique à grande échelle entre disciples du Marquis, notamment lorsqu’il s’agit de négocier limites et contrats (tous les détails plus loin).
Quant aux masochistes, j’en connais qui sont relativement douillets, au point de prendre des aspirines lorsqu’ils ont mal à la tête et on m’a affirmé qu’il y en avait même qui se faisaient anesthésier avant une opération chirurgicale. Conclusion, si l’on mêle douleur et plaisir, c’est uniquement dans le contexte de jeux érotiques.

Selon les grands théoriciens de la question, tous les adultes ou presque ont un jour ou l’autre fantasmé sur un thème BDSM – jeune fille innocente enlevée, torturée et violée dans un donjon par un beau soldat lors d’une rapine, personne poussée à des extrêmes par un seigneur injuste, etc. Si l’on en croit certains sondages réalisés ici et outre-Atlantique, 12 % des 20/24 ans du sexe dit «faible» se feraient attacher avec plaisir pendant les rapports sexuels, et plus de la moitié aimerait essayer au moins une fois. Il paraîtrait que 49 % des Américaines auraient des fantasmes de soumise et que 14% des Américains et 11% des Américaines (encore elles) auraient déjà eu une expérience sadomasochiste ou plus. Le BDSM permet aux plus téméraires d’explorer de plein gré ces fantasmes, de façon contrôlée et dans un environnement ne présentant aucun danger. Ils se parlent de ces aspects de leur personnalité et, ensemble, mettent au point des scénarios pour passer du rêve à la réalité.

Style Marquis ou style Gore


Vous avez envie d’essayer?
Avant de vous offrir pieds et poings liés ou de manier le fouet, faites-vous une idée de ce qui existe et de ce que vous souhaitez. Vous vous rendrez compte, en surfant sur le Net, que c’est un milieu d’une fécondité inépuisable au chapitre de l’imagination. Vous y trouverez tout ce dont vous avez besoin - des liens, des livres pour vous documenter sur la question, des adresses de boutiques réelles et virtuelles, des accessoires, des groupes qui existent dans différentes villes d’Europe, d’Amérique du Nord et d’ailleurs.
Le BDSM n’attire pas tout le monde, mais il est tellement vaste que, si vous êtes curieux, vous y trouverez quelqu’un et quelque chose qui vous conviendront – que ce soit dans le style O, Marquis ou Gore -, le tout parfois accompagné d’une certaine tendresse, d’une certaine affection, voire d’amour.
Le BDSM a un côté physique et un côté psychologique. Le dominant peut, par exemple, attacher la soumise et la tenir à sa merci pour la taquiner, la séduire, la frustrer, lui taper dessus, l’humilier. Elle subit, puisqu’elle lui appartient le temps d’une séance, parfois plus, et qu’elle l’autorise à exploiter son corps comme bon lui semble, pour son plaisir à lui, dans un jeu qui donne satisfaction aux deux partenaires. Chacun y trouve ce qu’il cherche – l’un aimant contrôler et l’autre, être contrôlé.