AURORAWEBLOG sorcière soumise la befana

 

Ceci aurait du être publié bien plus tôt. Hélas, U-blog n’était pas performant ce soir entre 23 heures et 4 heures du matin…

 

Cette note est totalement décousue. Elle est comme le dialogue intérieur que l’on a toujours avec soi, vagabonde et sinueuse. Ses racines (qui vous apparaîtront bien lointaines mais qui sont pourtant mon fil conducteur, celui errant de ma pensée) proviennent de ma promenade sur quelques blogs ces jours-ci et  de ce post de Plasoc sur les « cris vains des écrivains le soir au fond des blogs ».

 

« Une sorcière comme les autres » est une chanson d’Anne Sylvestre. Vous pourrez en lire les paroles ici.

Quant à la « Befana » c’est (encore !) une tradition italienne, transcription quelque peu païenne de l’Epiphanie, légende d’une vieille sorcière qui dans la nuit du 5 au 6 janvier, passerait apporter aux « bambini buoni » des cadeaux et aux méchants des plumes et du goudron…. Meuh non ! : des cendres et du charbon.

 

Il ne me déplairait nullement d’être sorcière, cette « Befana » me convient et plus encore, cette sorcière comme les autres.

Les sorcières me sont sympathiques et pour de multiples raisons. Parce qu’elles font partie de l’imaginaire enfantin. Parce que plus dramatiquement, elles ont souvent été les victimes d’un pouvoir démentiellement bigot : des possédées d’antan en passant par les guérisseuses dont on se méfiait et les hérétiques qui devaient flamber, on arrive directement à l’expression de « chasse aux sorcières » et à toutes les couleurs que l’on peut placer dessus. On comprendra donc qu’il n’y a pas de « genre » ici : j’ai aussi de l’affection pour les sorciers !

 

Je suis donc une sorcière à divers titres : parce que je suis une femme qui écrit (et c’est d’écriture que je veux parler ce soir ) et une femme qui écrit sur le BDSM.

N’ai-je pas lu, il y a trois jours encore sur le « blogsexe » d’une jeune fille plus qu’ouverte d’esprit « le SM, je ne comprends pas. ». A part ça, elle comprend tout le reste.

 

Et une sorcière comme les autres parce qu’à parler de SM, nous sommes désormais nombreuses.

La plupart du temps, les autres « Befane » le font bien, sans doute bien mieux que moi.

Il y a toutefois un nid de blogs de soumises, sur une plateforme dont le nom commence par B…. ( ainsi personne ne se sentira visé à part les concernées) qui ne laisse de m’inquiéter.

Là-bas, les hommes sont des Seigneurs et Maîtres (voilà un terme que je garde pour y revenir demain), les phallus des pals d’acier, le sperme coule à flots ( non, ça c’est le champagne !), le sperme fuse en longs jets puissants et encore, je reste chaste par rapport aux propos de l’endroit…

Bon, si ce n’était que les habituels textes z’érotiques, je dirais qu’elles appliquent la vieille recette de bonne guerre : « j’écris pour faire bander ».

Le problème est que certaines semblent vraiment y croire… dur comme fer et qu’en général ce sont de très jeunes femmes, que leurs « saigneurzémètres » qui interviennent dans les commentaires sont généralement des hommes mariés, que ces blogs lorsqu’ils ont plusieurs mois d’existence font apparaître plusieurs « ces-nieurs-émettre » qui ont défilé, de rupture en rupture, et que je me demande où mène tout ce cinéma…

Il n’est pas ici de leçon de morale ou de pierres jetées : je n’oublie pas que j’ai été, le Titre Honorifique en moins pour le bonhomme, comme ça moi aussi et je me souviens très bien de ce que m’avait demandé M. lorsque nous nous sommes connus « Et à cinquante ans, tu comptes encore hanter les « chats » pour trouver le suivant ? »

J’ai eu la chance d’en prendre de la graine, peut-être aussi de n’avoir plus vingt et quelques années, d’avoir fait les bonnes rencontres (que Madame F.A. soit une fois de plus ici remerciée…)

Mais je m'interroge pour ces autres qui prennent tout à la lettre et qui semblent se faire jeter aussi facilement que des lettres froissées lorsque l'heure en est venue. Des proies qui ne le savent pas, qui s'illusionnent. Cela me rend triste.

 

Ceci n’est en fait qu’une parenthèse. Je voulais surtout parler d'écriture.

L’écriture est de trois sortes depuis la Toile : ceux qui ont pour profession d’écrire et qui sont édités, ceux qui écrivent dans des cahiers des journaux intimes qui ne seront jamais lus et enfin ceux qui écrivent "on da Web" sur des sites persos ou des blogs.

 

Le blog, c’est tout de même bizarre…Gênant aux entournures parfois. Je ne parle bien sûr pas ici du blog de l’entrepreneur, ni du blog d’expression générale, je parle de ces blogs écrits à la première personne.

Des blogs de sorcières par exemple.

C’est nombriliste par excellence, j’en sais quelque chose ! En même temps, on peut se demander à quoi ils servent.

 « L’écriture est un antalgique, pas une thérapie. » a écrit un jour quelqu’un que j’appréciais. C’est vrai quelquefois. Pas toujours. Du moins pas tous les jours.

Il y a certainement un rapport entre l’écriture et l’expérience interne de la souffrance (mais là, cela n’a rien à voir ni avec le BDSM, ni avec ses blogs).

 

Ces réflexions me viennent, je le pense, aussi du fait d’avoir passé le cap de la millième note.

Au début, lorsque ce blog s’est ouvert ( et puisqu’il était la suite d’un autre, effacé contre notre volonté) je savais que je risquais d’être lue avec toute l’ironie du monde par des gens qui ne pouvaient pas m’encadrer et pour lesquels la réciproque était vraie de ma part.

Mais nous nous connaissions, eux et moi ou même eux et nous - pourrais-je dire - et je les lisais aussi avec la même ironie.

Et puis, il est des combats honorables…Des deux côtés. Mais si!

J’en parle avec autant plus d’aise que j’ai barré 2002 dans un post récent…

 

C’est en septembre de cette année 2005 que je me suis aperçue que le blog faisait que je pouvais aussi être lue par de parfaits inconnus dont j’aurais préféré que le regard ne se pose jamais chez moi ou sur moi. Il n'y en eut qu'un, à dire vrai, mais ce passant a suffi pour provoquer un tremblement de terre bloguesque pour moi.

 

On s’expose à travers ses écrits lorsqu’on les fait à la 1ère personne. C’est la règle.

Mais le revers de cette règle est qu’il y a des regards de lecteurs qui vous salissent, ce sont des gens dont on ne voudrait pas qu’ils franchissent le seuil de notre porte, la vraie, celle de chez nous.

Ils franchissent celle du blog et c’est tout pareil.

 

Depuis lors, de savoir que, même s’ils ne me commentent pas, je leur suis « de fait » accessible m’a conduite à entrouvrir le moins possible mon huis : il n’y a plus eu un seul de mes textes vraiment intimes de publié ici depuis cinq mois.

Voilà l’envers du blog. Je regrette de l’avoir découvert, d’en avoir fait l’expérience.

Après cela, je n’ai jamais plus ressenti la même liberté.

Et elle me manque terriblement.

 

Ecrire sur ce type de support, c’est un acte gratuit et en cela je rejoins Plasoc sur ce qu’il en dit sur sa colonne ( même si je pense par ailleurs que ces propos sont bien risqués pour lui qui publie un roman jour après jour, j'espère qu'il n'en retrouvera jamais la trame publiée sous le nom d'un autre ), c’est un cadeau, un don qu’on fait aux autres. Je l’ai vécu exactement deux ans dans l’enthousiasme.

 

Puis, en septembre, une petite chose s’est brisée. Presque un rien du tout. Suffisamment pourtant pour que je ne « me » ou ne « nous » offre plus. J’avais le sentiment non plus de me « donner » mais de me « livrer ».  C’est très, très désagréable.

 

S’il avait raison, celui dont je parlais plus haut, si l’écriture est bien un « antalgique », qui sait, de l’avoir écrit sur cette page me permettra peut-être d’être délivrée de ce maléfice.

 

Un comble pour une sorcière, non ?