F COMME FEMINISME ... 

 

Lorsque se déroulèrent les grandes batailles du féminisme, celles des années 60, je tenais à peine sur mes gambettes.

En revanche, j’ai commencé à défiler à treize ans pour le droit à l’avortement et j’ai toujours revendiqué pour des droits communs aux femmes et aux hommes, tant sociaux, politiques que juridiques…

Bien sûr, les femmes de ma génération n’ont pas été comme les « baby-boomeuses » celles qui ont eu à souffrir le plus de la discrimination.

De plus, dans mon cas personnel, je ne peux pas, dans un milieu professionnel composé en grande partie de femmes, prétendre avoir du lutter jamais pour avoir, par exemple, « à travail égal, salaire égal ». Mais on peut aussi se battre pour les autres !

Je pense de plus que la lutte des femmes ne doit pas s’arrêter aux seules organisations féministes mais qu’elle trouve sa place partout dans tous les combats humains et notamment dans le combat politique, puisque l’avancée des femmes s’est toujours révélée une lutte incessante contre des menaces obscurantistes au travers des siècles, il est juste pour moi de me situer, aujourd’hui, ici et maintenant, comme proche de partis, syndicats ou organisations qui sont libertaires et non libérales !

Féministe je suis et resterai….

Je ne pense pas que les revendications féministes soient aujourd’hui passées de mode : bien au contraire, il suffirait de fermer l’œil pour que des bestiolettes se réveillent. La lutte contre les violences conjugales, la marche des « Ni putes, ni soumises » cette année, donnent la juste mesure des chemins à parcourir encore…

 

Ma façon d’envisager ma vie et ma vie intime donc a toujours été celle d’une femme libérée. J’ai été mère sur le tard parce que je n’avais pas voulu l’être avant et j’ai vécu toutes les histoires qu’il m’a plu de vivre entre mes quatorze et mes quarante ans…

J’écris ce texte pour que ceux et surtout celles qui me lisent comprennent que la sexualité libre c’est accéder à son désir, le reconnaître et ne pas en avoir honte, oser le vivre.

 

Je parlais de la marche des « Ni putes, ni soumises ». La soumission qu’elles refusent d’emblée, c’est la loi du mec, là-bas dans leurs cités, leurs immeubles, leurs banlieues…

C’est la soumission à ce chef de bureau dont l’emploi de certaines dépend et qui vous lorgne les chevilles d’un œil concupiscent ou plus… C’est la main qu’on vous pose sur la fesse dans les transports en commun aux heures de pointe… C’est l’injure facile de celui à qui l’on a dit non. C’est toute oppression à caractère sexuel…

 

C’est pour cela que j’ai accompagné leur combat.

Parce que moi, ma soumission, c’est autre chose : c’est ma liberté d’être ! Et la douleur que je réclame parce qu’elle est mon plaisir, clairement identifié comme tel et par moi et par l’homme que j’aime ne nous empêche pas de nous opposer à toute forme de violence ou de brutalité, qu’elles soient politiques comme dans certaines dictatures, policières comme on en a bien souvent l’exemple même de par chez nous ou familiales comme celles perpétrées par un mari sur sa femme, par un père sur ses enfants.

Quand je lis toutes les assimilations faciles d’ignorants faites entre le BDSM et la violence, laissez-moi vous dire qu’elles me font bien sourire ! Elles ne me révoltent même pas tant, comme je vous l’ai dit, je garde mes révoltes pour d’autres choses, contre la loi du plus fort exercée sur le plus faible par exemple ou contre ces pots de fer qui croient qu’ils gagneront toujours contre les pots de terre, contre le pouvoir de l’argent ou celui des médias, contre tout ce qui nous intoxique, ce qui voudrait nous empêcher de vivre, d’écrire, d’être en somme tels que nous voulons être.

 

Que je marche à quatre pattes le soir parce que je l’ai désiré ne m’empêche pas d’être debout le lendemain pour me dresser contre toutes les contraintes que l’on essaie de nous imposer dans la société et cela d’ailleurs que nous soyons femme ou homme.

Ces derniers mots pour dire que, là encore, M. et moi sommes toujours solidaires des mêmes combats.