AURORAWEBLOG Croire au Père Noël

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Noël est, depuis quelques années, lié pour moi uniquement à l’enfance, à mon enfant. Que l’on ne s’étonne donc pas de ne pas trouver d’histoire de Père Fouettard ou de Mère Fouettée en ce jour sur mon blog.

 

 

Nous aurons eu un Noël de rab.

Je m’explique : il y a un an, ici même, en ce même jour, j’évoquais les premières interrogations de mon fils, persuadée d’avoir vécu son dernier Noël de croyances et je m’en désolais.

Cette année, rien de cela. Il ne m’a posé aucune question et a vécu son calendrier de l’Avent, chocolat après chocolat, puis sa lettre postée pour Libourne comme un très sérieux compte à rebours.

 

J’ai, dans la première quinzaine du mois, été tout d’abord convaincue qu’il pensait que moi, j’y croyais tellement qu’il ne fallait surtout pas me détromper et que j’allais apprendre par la bande ( genre une confidence aux grands-parents ) que les cadeaux, ça s’était dit à l’école, c’est les parents qui les achetaient.

Et puis non. D’ailleurs, les grands-parents font la gueule et ne sont pas contents que je le laisse entretenir à son âge cette pensée magique du Père Noël.

 

C’est vrai que c’est étrange que les échos qui lui parviennent probablement tout de même de l’extérieur ne franchissent pas la porte de chez nous et ne perturbent pas l’ordonnancement de la légende.

 

Je dis bien la légende. Nous n’entretenons pas Noël comme une fête chrétienne, n’étant pas croyants ( certains le sont dans la famille mais ne pratiquent pas, d’autres sont agnostiques ou, comme moi, purement et simplement athées ).

Nous ne l’entretenons pas non plus comme une furieuse féria commerciale.

Petitou n’a pas de goûts de luxe : de lui-même, il réclame peu mais en tout cas ce peu il l’attend avec ferveur.

 

On pourrait se demander pourquoi je ne lui dis pas la vérité désormais.

Je pense que ce n’est pas mon rôle. Et que s’il y croit, c’est qu’il en a, quelque part, besoin.

 

Ce que je lui laisse entretenir, c’est l’idée d’une certaine féerie. Celle de ce jour unique où un brave homme venu du très froid amène sur son traîneau tiré par des rennes des cadeaux qui n’ont pas été achetés, comme ceux du reste de l’année, ceux de l’anniversaire par exemple, mais fabriqués par des lutins. Et je suis témoin que ces cadeaux-là lui sont et lui demeurent, au travers des ans, plus « chers » que tous les autres.

 

J’aime l’idée de cette gratuité qui s’oppose à ce qu’il voit ou entend tous les jours : la hausse du prix de ceci ou de cela, les factures qui font tirer une mine longue de six pieds.  

J’aime cette féerie qui s’oppose à ce qu’il voit ou entend tous les jours à travers l’actualité et même à l’influence de mes propres convictions politiques ( en me définissant seulement comme antifasciste - c’est schématique mais suffisant -, il sera plus clair d’imaginer les commentaires qui ont lieu chez moi sur le monde comme il va ).

 

Alors, ce sapin, ces guirlandes et ces bougies préservés vingt-cinq jours une fois de plus (et la dernière sûrement ), cet émerveillement indescriptible à neuf heures et des poussières ce matin devant les paquets, les avoir gagnés un an de rab, oui, je m’en réjouis.

 

 

 

 

 

 

 

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