AURORAWEBLOG BDSM Bâillon Gorgone Méduse

                                                 Photo © Donna Ricci.

 

Marie,

 

Vous avez su si bien lire dans ce « Saturne » de Goya, publié en illustration hier, que je vous dédie mon post de ce soir. Lequel est une parodie mythologique sous forme de légende. Il est bien entendu que c’est pure fiction, fruit de mon imagination abracadabrantesque  et que toute ressemblance avec des personnes vivantes ou décédées serait totalement involontaire.

 

Il était une fois un Saturne, un Cronos, qui veillait sur une petite planète paradisiaque, toute dédiée au BDSM.

Les gens s’y rencontraient, y pépiaient joyeusement, y goûtaient…

Tout cela n’était qu’apparence. Saturne voulait que son domaine soit clos à tout regard extérieur et que surtout pas une tête ne dépasse des rangs.

 

Il eut, à quelques années d’intervalle (ce qui fit qu’elles ne se rencontrèrent jamais chez lui), trois filles qu’il n’aima point. Elles ne lui ressemblaient pas, n'avaient rien de "soumises" au sens où il l'entendait, mais possédaient des mots pour dire les choses et Saturne, on le sait, a toujours peur  de tout, de ce qu'il engendre et même des paroles. Au point de préférer dévorer sa postérité, fût-elle symbolique, et de pratiquer la politique de la terre brûlée.

Il chassa donc la première d'entre elles. C’est la seule que je connaisse. Elle partit bloguer.

Je ne peux parler des deux autres si ce n’est pour dire qu’outre leur séjour sur la planète en question, elles eurent un second point commun : elles devinrent aussi blogueuses.

 

Oh ! mais pas trois blogueuses comme Saturne aurait voulu que toute soumise le soit…

Non! Ces trois-là  devinrent des blogueuses polémistes.

Essayant de parler vrai, d'évoquer des pratiques qui auraient pu choquer mais qui passaient bien sous leur « plume » parce qu’elles savaient, et c'était encore un point qui leur était commun, faire naître  un peu de poésie et d' humour dans leurs écrits.

Montrant toutefois aussi qu’elles n’étaient pas dupes, ni d’elles-mêmes, ni de l’environnement dans lequel elles évoluaient.

Elles avaient l’art de manier l’ironie et la dérision pour indiquer toutes les chausse-trappes de celui-ci.

 

Et Saturne était d’autant plus irrité, chahuté dans ses intimes convictions que « ses trois filles » qu’il avait du, comme dans la mythologie, recracher dans le monde avaient toutes des compagnons qu’elles n’appelaient pas « maîtres » et que chacune détenait sa façon personnelle de vivre heureuse et de raconter son SM.

Comme ces trois façons de voir étaient aux antipodes des siennes, il avait du mal à « digérer » ces trois blogs qui, quelque part, malgré tout, venaient de « chez lui ».

C’était d’autant plus lourd sur son estomac qu’avec le temps, elles avaient toutes trois fini par être bien plus lues que lui.

 

Aussi lorsque quelqu’une, un jour, traita les trois blogueuses de « cyber-gorgones », il se réjouit tant qu’il n’hésita pas un seul instant et vint vite en rajouter une couche sur un papyrus de sa planète.

Il n’eut même pas la finesse de voir qu’aucune des trois ne releva le fait et que cela signifiait de la part de Méduse (celle que je connais) et peut-être aussi de celle d’Euryale et de Sthéno, au nom desquelles je ne peux pas parler, que le temps de Saturne était bel et bien passé et enterré…et qu’il valait mieux désormais s’ignorer "les unes l' autre" et continuer ainsi pacifiquement le chemin.

 

Mais non.

Un mois passa encore et Saturne écrivit à nouveau. 

Par désoeuvrement il s’était - disait-il - promené sur la Voie Lactée, prétendant y avoir "découvert" des blogs qui mettaient trop en avant leur opinion personnelle pour  dénigrer certains aspects du BDSM (un livre récent par exemple) et il déclara doctement que ceci était du au fait que la violence inhérente à la pratique SM quand elle ne s’exprimait pas physiquement le faisait alors par l’écrit.

 

Saturne avait seulement oublié que cette notion de « violence inhérente au SM » était… son opinion personnelle.

C’était justement parce que Méduse pensait la « violence inhérente à la société »  et non aux pratiques SM qu’ils s’étaient autrefois brouillés à propos d’un texte publié par un tiers et censuré par Saturne.

 

Alors puisqu’en ces jours, on parle beaucoup de la violence faite aux femmes, ainsi que de la violence conjugale à laquelle Arte consacre ce soir même une « Théma », je vais (au nom de Méduse que je connais bien) dire une fois encore que le SM « en soi » n’est pas une forme de la violence et vous envoyer lire l’excellent billet de Morgane à ce sujet ici. 

 

 

 

 

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