AURORAWEBLOG Photo BDSM Perso bondage et cage

Pour en terminer avec cette première série « Bondage »…

D’autres suivront, au hasard de mes coups de cœur sur le Net.

 

I –Private .

 

Certains doivent se demander pourquoi je m’obstine à passer, de temps à autre, un mauvais cliché de moi sur ce blog ( j’ai bien dit cliché et non photo, M. n’est pas photographe et n’a jamais eu la prétention de l’être), alors que sur la plupart des weblogs de couples (généralement libertins) s’exposent des images rutilantes de jeunes femmes, si bien cadrées, si bien mises en lumière que l’on pourrait quasiment deviner sans risquer l’erreur le nombre de deniers de leurs bas nylon.

Justement. Justement.

C’est une question d’âge.

Une façon de dire que non, la beauté ne s’arrête pas avec le nombre de bougies soufflées et qu’elle n’existe que dans l’œil de celui qui regarde (dans mon cas, celui de M. qui me fige ainsi).

Une façon de dire aussi que tout cela est très subjectif et que l’on ne doit pas se laisser désarmer par les canons (oh ! combien rigides) que voudraient nous imposer les diktats des magazines, fussent-ils e-zine en ligne.

Montrer mon corps qui a vécu, qui s’est transformé en donnant la vie alors que je n’étais plus toute jeune, ses stigmates, ses imperfections.

A vingt ans, à trente ans, j’ai eu un joli corps, je ne le savais pas, je n’en ai donc guère profité.

Aujourd’hui, j’ai besoin de l’aimer plus que jamais parce qu’il est moins resplendissant, qu’il a ses failles esthétiques mais aussi physiques. Parce que s’il me trahit parfois, s’il est moins souple, s’il commence un peu à se faner, je me dois, moi, de ne pas le trahir.

C’est le même qu’avant, c’est la même enveloppe : quarante et quelques timbres y sont collés maintenant, c’est tout…

Mais ce qui compte, c’est moi qui suis à l’intérieur.

Et Toi qui prends en photo l’extérieur et qui Te réjouis de voir ce que Tu vois.

Alors, ce corps, je le montre encore.

 

 

II- Bondage.

 

Le bondage l’honore et l’habille d’un rien. Il ne me viendrait pas en revanche à l’idée de m’exhiber dans mon entière nudité.

Mais mes liens d’amoureuse me recouvrent un peu et me gardent en tout cas des regards trop spécieux.

Je suis comme sirène prise dans un filet. Filet insuffisant puisque remis en cage.

Une expérience étrange que cette cage-là, Vierge de Nuremberg « allégée » en tortures, symbolique pourtant de par son armature, étroite et sans issue, de tout l’enfermement que l’on peut accepter.

J’ y ai eu peur, un peu, je me dois de le dire. Pas de plongée en moi, pas d’extase intérieure.

Tout juste un peu de place pour exister tremblante, enserrée par mes liens et le métal adjoint qui pressurait mon corps de par tous les côtés. Pas un seul mouvement ne m’était permis là : à peine respirer et éprouver l’effroi.

Je précise en passant que c’est moi qui rêvais et depuis fort longtemps de cette prison-là que j’avais réclamée.

Si je le dis bien haut, c’est dans le but tranquille que personne ne pense que l’on me l’imposa.

Cette peur dont je parle, il y avait longtemps que je ne l’avais plus sentie gagner mon corps ou plutôt mon esprit.

Il faut parfois la vivre, s’y replonger profond dans nos « jeux interdits ». Elle est l’air de guitare qui dit la mélodie.

Sans elle ce serait la plénitude pleine et lorsque tout est plein que désirer encore ?

Si l’on ne désire plus la peur, on n’avance plus dans le BDSM.

Je vous parle de peur dans la sécurité. Je savais que la cage à la fin s’ouvrirait et puis que mon bondage ne pouvait m’inquiéter : pas un seul de ses noeuds ne me coupait le sang , il me statufiait sans en être angoissant.

J’avais des pinces aux seins pour les rendre sensibles et que de mes pensées ils soient un peu la cible : une attention fixée détourne des frayeurs.

J’ai poussé quelques cris. Tu T’es moqué de moi. Je suis peu rancunière et n’y reviendrai pas !

Le plus éprouvant fut de ne pouvoir rien voir : un masque recouvrait ce soir là mon regard. Je ne vis pas la pierre un peu moyenâgeuse, je ne sentis les grilles qu’au sortir de l’attente, lorsque je perdis pied, quittant le sarcophage, et que je dus, aveugle, trouver à m’appuyer…

 

Je garde de ce jour ou bien de cette nuit une impression très forte, celle des choses que l’on a beau prévoir, imaginer d’avance, mais qui surprennent à la fin au détour du chemin.

J’aime ce genre de chemin, j’aime les choses à inventer.

 

Voici donc le mot de la fin de ce bondage très privé.

 

 

 

 

 

 

 

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