Fetish photographer Charles Mons AURORAWEBLOG

                                             Photographie © Charles Mons.

 

J’essaie, par cette fiction, de mettre mes mots sur ce que m’inspire l’univers fetish, à la fois réaliste et baroque, parfois même ésotérique du photographe Charles Mons. Ce n’est, bien sûr, que mon interprétation de certaines de ses images. Celle-ci, par exemple, me parle d’une expérience intérieure et des motivations de celui qui la guide. D’autres raconteraient d’autres histoires sur cette même image.

Mieux vaut, donc, aller  voir par vous-mêmes ses photographies ici.

 

 

LES STANCES DE BELLA

(FICTION)

2 - COMMENT ?

 

Etrange souverain, royaume souterrain

De ce qu’il lui impose, Bella sitôt prend pose.

 

Quand plus rien ne vient à bout du silence, Bella fait allégeance.

Encapuchonnée, sans visage, plus besoin du masque de l’avantage.

Il n’y a plus à faire semblant.

Bella en est d’autant plus belle d’aller à l’essentiel.

Sentir les pulsations du sang.

 

Se confondre avec l’Univers.

Pliée, ployée, l’agenouillée a l’âge même de la Terre.

La prosternée est aussi vieille que l’Humanité.

Elle est retournée jusqu’aux sources. L’avant de la parole. Le temps de l’instinct seul. Celui du grognement.

Evolution arrêtée dans sa course. Fulgure, parabole. Des langes au linceul.

Vivante aveuglément.

Il faut avoir fait le voyage pour savoir. Connaître le sens de sa propre histoire.

Bella sait, Bella qui se tait.

Et qui s’écoute être.

 

Pour celui qui regarde vient l’heure de parler. Non que cela lui tarde d’enfin la posséder.

Mais le rite est le rite et lui doit ordonner, mettre la scène en place, encore plus révéler.

Donner à la femelle sa féminité. Faire qu’en la femme elle puisse se retrouver.

Parce qu’il la lui a ôtée, qu’elle est allée au fond du trou, lui rendre une identité, soleil des loups.

Meurtrir, heurter son corps pour qu’elle l’investisse.

Ce qu’on nie, c’est la mort, au jardin des supplices.

 

Ainsi, être vivants.

Maintenant.

Briser les impostures, évacuer la souffrance et panser les blessures.

Etonnante expérience.

Les maux contre le mal. La douleur comme escale.

 

Bella entend sa voix.

« Viens » - a-t-il dit - « Suis moi ! »

Et il a caressé l’épaule abandonnée.

 

 

 

 

( A SUIVRE )