BDSM The Art of Charles Mons AURORAWEBLOG

                                         Photo © Charles Mons 

 

Quelque chose de Gilles Berquet et beaucoup de très personnel.

Des fantasmes en pagaille, des folies, des trouvailles…

A en avoir « des frissons tout partout ».

Voici, avec son agréable autorisation, le monde secret du photographe Charles Mons que vous pouvez découvrir ici.

 

 

LES STANCES DE BELLA

( Fiction)

1 - QUI? 

 

 

Bella est une attente, un goût de bord du gouffre.

Bella se pare, se farde, Bella se prépare. La vie de Bella sent le soufre. Bella est toujours sur le départ.

Bella est suspendue à un coup de fil, un SMS. Bella est une animale fébrile qui cherche les coups et les caresses.

 

Isabelle n’est rien, Isabelle n’est qu’une. La vie d’Isabelle est la vie commune.

Des immeubles aux baies vitrées qui donnent sur la ville immense, des ascenseurs aseptisés, de la musique d’ambiance. Univers de glacis. Journées qui se traînent.

Des amis gentils, des maisons en campagne pour les fins de semaine.

 

Bella appartient. Bella a des marques, des signes secrets de sa dépendance.

Bella est un bien, une redevance.

On habille Bella comme une poupée. Ses tenues choisies lui sont livrées.

Bella est unique. Bella obéit.

Si elle ne s'applique, Bella sera punie.

Cela fait partie des règles du jeu. Et quand Bella joue, ses heures sont bleues.  

Bella  aime la douleur, la douleur comme un plaisir. Bella aime la contrainte, la contrainte comme un élixir.

Bella est un corps, un corps de désir. Le corps de Bella est fait pour servir.

 

Il y a un homme derrière tout ça.

Bella est un instant au cadran de celui-là.

Bella est offerte. Bella est un lien, une porte ouverte.

Et cette condition est un choix ou bien plus : une nécessité, un mode d’exister.

De supporter le morne, le faux, la vacuité.

 

Isabelle s’efface devant Bella. Quand Bella est là, Isabelle n’existe pas.

Moments d’autre vie dérobés au temps, moments de répit loin de ces murs blancs.

Une mise à nue, une mise à nuit.

Puisque le poids des jours rime avec ennui.

 

 

 

(A SUIVRE)