Photo Gladiator R.C. Horsch AURORAWEBLOG 

                                           Photo « Gladiator » © R.C. Horsch.

 

On voit périodiquement refleurir des sujets sur la part de l’ « inné » dans le BDSM. Suivis de près par des threads sur la « motivation ».

On devine que cela me chaut peu. Je n’ai jamais pensé que le BDSM était un motif d’étude scientifique. Cela signifierait d’emblée qu’il y a là « quelque chose qui cloche » et qui doit être décrypté.

 

J’étais, je suis, je reste extrêmement naïve.

En un mot, je ne crois pas à la perversion. Je pense que tout être est profondément « quelque chose » de plus en lui que la dite sexualité classique.

Ensuite, c’est l’éducation, sociale ou religieuse, ou plutôt la faculté de résister à  cette éducation, de passer par dessus, qui feront qu’il laissera ou non libre cours à ce « quelque chose » de plus.

En bref, pour moi, le libertin, le fétichiste ( j’emploie ses mots dans leur sens le plus léger) ou autre sont présents chez chacun(e) d’entre nous. Pareil pour le BDSM. Tout homme, toute femme penche plus ou moins d’un des deux côtés de la balance ou bien mêle les deux . Ce qui n’en fera pas forcément un adepte.

 

D’où ces « tendances » peuvent-elles venir ? Certainement pas de l’inné.

Elles appartiennent au domaine de l’acquis, se situent au niveau des premières expériences sensuelles de l’enfance et, je le répète, elles seront ensuite ou ne seront pas vécues.

 

Mais venons en à ceux qui ont franchi la barrière, c’est à dire à « nos » pratiquants.

Parler de l’inné est toujours très dangereux. C’est la pente savonneuse par excellence.

Surtout dès que l’on touche aux choses de « chez nous ».

Quand des soumises se déclarent ainsi de façon « innée », quand des dominants font de même, j’ai envie de crier « Halte là ! ». Toujours.

 

Parce que l’on n’est alors jamais loin de projeter tout cela dans une optique de « race des Seigneurs », de monde où existeraient de facto des dominants et des dominés ( et non plus seulement sous l’aspect sexuel ).

 

Ce monde, il en est d’ailleurs « chez nous » qui le voient ainsi.

Je suis depuis 48 heures  sous le choc d’un post paru dans un weblog BDSM, note qui n’avait aucun rapport avec la sexualité mais où le blogueur ( un « dominator », celui-là même que je vous décrivais il y a trois jours sur la photo de sa page d’accueil dans sa tenue de cuir sauvage ici ) relatait certains faits (vrais ou exagérés, notamment son ardeur  et sa force de Superman  dans la « baston », je n’en sais trop rien).

S’étant fait agresser pour une cigarette par un groupe de jeunes, cela lui donnait l’occasion de se livrer sur la longueur de deux bonnes pages Word à un délire sur la notion de respect, les habitants nouvelle génération ( « Génération Mitterrand », dit-il, tiens donc…) des banlieues- d’abord définis comme mahométans, puis brusquement gaucho-sionistes ( ne cherchez pas la logique)- le tout dans des propos violents vomissant une haine  à laisser pantois.

Or, le blogueur est (ou se dit) « maître ».

Si c’est « inné » chez quelqu’un comme ça, la chose est grave, vous en conviendrez.

 

Le plus inquiétant étant que dans ses commentaires sur sa plateforme, cette note n’a recueilli qu’approbations qui ont permis au blogueur de surenchérir.

Je cite : « Je suis toujours prêt à manger de cette patée.[ndlr : il parle toujours des mêmes jeunes.]
Dans la Vie comme dans la Maîtrise. »

On peut se demander ce que la « Maîtrise », avec un M majuscule, supposée du bonhomme vient faire ici dans ses propos « politico-racistes ».

Il n’empêche : il la relie lui-même à sa vie et c’est ça qui est effrayant.

Je préciserai toutefois que l’hébergeur soumet les réponses de tous ses weblogs à la validation par l’auteur. On peut donc encore espérer qu’il y en a eu des négatives passées à la trappe.

Je dirai aussi que je ne prends pas ici la défense des agresseurs. Lorsqu’il se produit, ce type d’incident est à déplorer et à condamner sans aucune clémence.

Je ne m’élève que contre le pernicieux amalgame qui est fait entre « tout et n’importe qui », « tout et n’importe quoi », dans cette note où l’auteur en vient à écrire à l’adresse du même jeune, je cite à nouveau, « ne me force pas à rechercher la formule exacte du Zyklon B, spécialement à ton intention. »

Je donne donc matière à réflexion par cet exemple de « maître » qui est sûrement plus courant qu’on ne le croit à tous les fanas de la domination « innée »…

 

Pour le reste et comme toujours, mais en partant sur le terrain de l’ « acquis », autant de pratiques que de pratiquants et autant de « motivations » que de « motivé(e)s »…

Certaines pouvant là aussi être désastreuses si, par exemple, elles se fondent sur la frustration ou l’esprit ( conscient ou inconscient ) de revanche… 

 

 

 

 

  

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