BDSM Fetish leather AURORAWEBLOG

                               Photo © Arne Jahn

 

Je n’avais jamais rencontré de « maîtresse », de « domina ».

Enfin si…Bien sûr, j’en avais vu du coin de l’œil des dizaines, professionnelles ou non, à l’œuvre.

Aucune n’avait marqué ma mémoire.

 

Mais discuter avec, non.

Seulement à trois reprises sur des chats et pour parler d’autre chose que de « leur » domination.

Là, mon séjour parisien m’a mise en présence de deux d’entre elles.

 

La première était un pur éblouissement de classe, de style.

Juste une petite robe de tissu noir, pas de fard mais quelle allure!

Une voix flûtée, un sourire charmeur.

Menue, gracile. Fine d'âme et de traits.

Une sorte d’elfe...

Femme remarquable dans chaque mot, dans chaque geste.

Tout son humour, son esprit, sa distanciation émanaient d’elle. Elle irradiait. Vraiment.

J’ai parfaitement compris quelle fascination elle pouvait exercer sur l’homme qui l’accompagnait ainsi que sur un « néophyte » qui a longtemps parlé avec elle et qui en avait des étoiles dans les yeux.

 

La seconde était très jeune.

Je ne jurerais pas qu’elle n’était pas « pro » mais là où je l’ai vue, elle n’était présente que « pour le fun » et avec son ami de cœur.

Intéressante, sans aucun doute.

Notamment par ses propos sur le machisme de certains soumis, qui vaut bien celui des « Dominators » puisqu’ils arrivent en demandant qu’on leur fasse ci ou ça sans se préoccuper de ce que la femme attend ou cherche, elle. Je n’en suis pas étonnée. Parallèle vite fait avec les soumises.

Comme elles, si une dame « domine », elle est là pour ça et donc pour eux.

 

Mais à côté de ça, elle a réussi à me gâcher une soirée.

Voici que la conversation dévie sur les clubs, les festivités, en France, à l’étranger. Bla bla, bla bla.

Elle parle de tenues. J’ai oublié de préciser qu’elle-même est toute de vinyle vêtue et que les autres participants à ce dîner sont eux aussi en vinyle ou en cuir.

Et s’adressant à M. tout à coup, elle dit qu’elle s’en excuse mais que de ne pas « marquer le coup quand ... », ça ne se fait pas.

J’avale ma mie de pain un peu de travers. Elle va me rester longtemps bloquée sur la glotte ce soir-là.

 

Ceci mérite une explication.

Lorsque nous nous rendons en quelque lieu « connoté », nous appliquons  nos  habitudes personnelles. C’est à dire que nous ne venons pas en tenue de ville. Mais sans non plus tomber dans l’excès.

Nous respectons l’esprit SM ou BDSM de l’endroit en faisant « dans le noir ».

Surtout M. qui n’en rajoute pas.

Je mise un peu plus sur le corset ou le serre-taille et les bas. En accessoires.

Et pour le reste, je demeure très sobre.

Le « total look » cuir ou vinyle de pied en cap, c’est trop « fetish » pour nous qui n’en avons pas l’esprit.

Attention, je le précise : il peut arriver que SM et « fetish » se marient bien dans les actes. C’était le cas de la jeune domina.

Il arrive surtout que le « fetish » l’emporte dans son « paraître » et que tout s’arrête là.

C’était le cas des autres présents.

Mais puisqu’ils portaient l’uniforme, puisqu’ils appliquaient le « dress-code », qu’ils soient aussi actifs que des porte-manteaux ne la gênait pas.

 

Toujours est-il que je me suis retrouvée figée. Dans ce genre d’endroit, il en faut peu pour briser la magie.

 

J’en reviens par un raccourci à la première.

Rien dans sa mise n’indiquait la « Maîtresse » et pourtant c’était une évidence.

La Dominante, le Dominant n’ont pas besoin de tous les oripeaux de l’imagerie classique BDSM pour être : ça se devine et ça suffit bien. 

 

Je sais que cela se discute et que ce besoin d’ « uniforme » est aussi très prisé.

Je me demande s’il est à aller chercher dans le plaisir de faire la fête et donc, inconsciemment, de se « déguiser ». Tous les participants s’étant changés avant de repartir pour reprendre un look « de ville », c’est ce que j’aurais tendance à penser.

Je souris notamment en songeant à cet homme, en cuir de haut en bas, le tout recouvert d’une immense cape du même cuir d’une envergure à tout balayer sur son passage, véritable vampire de Halloween, qui mit bien un quart d’heure à la replier ensuite précautionneusement avant que de la ranger dans un sac de voyage bon pour un trekking dans l’Annapurna.

Mais quel théâtre !

 

Et puis, il y a ceux qui existent par le costume et qui ne jouent donc pas de rôle : ils sont devenus le rôle.

Sur le weblog de « dominateur » le plus déjanté que je connaisse ( je parle du weblog et de ses textes ahurissants de fanfaronnades ou de vide), le blogueur a poussé ce fait d’ « être le rôle » jusqu’à s’illustrer lui même en pantalon de cuir et gros martinet à la ceinture. C’est sa page d’accueil : on ne peut pas échapper à la photo.

 

On peut échapper au weblog. Je ne vous en donne donc pas le chemin…

 

 

 

 

 

 

 

 

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