Galeries du Grand Palais Vienne 1900 AURORAWEBLOG

                                      Gustav Klimt

                               Judith II (Salomé) 1909             

 

                  exposition Paris 2005 Klimt Schiele Moser Kokoschka AURORAWEBLOG 

                                    Egon Schiele

                      Cardinal et religieuse ( Caresse ) 1912

 

Comme hier soir, les œuvres choisies pour illustrer cette note ne marquent pas une prédilection. La première, « Judith II ( Salomé ) » de Klimt ne figure ici que parce que l’on m’avait dit devant elle, à vingt ans à la Ca’ Pesaro, que j’avais cette même lourdeur des paupières lorsque je fermais les yeux. Il est peu probable que les années aient arrangé les choses. Sourire...

La seconde « Cardinal et religieuse (Caresse) d’Egon Schiele est là pour marquer notre passion de l’ irrévérence puisqu’il s’agit en fait d’un autoportrait de l'artiste en compagnie de Wally Neuzil qui fut longtemps son amante…

 

On ne connaît que ce qu’on voit.

Bien avant les musées, les livres, c’est un film qui en 1981 me fit connaître l’histoire de la « Sécession » viennoise.

Film oublié que ce « Egon Schiele, enfer et passion » de Hubert Vesely, avec Mathieu Carrière et Jane Birkin, vu dans un ciné club de Toulon, alors que je n’étais qu’un embryon d’étudiante…

Assez pour avoir envie d’en savoir plus, petit à petit au fil des ans.

 

Assez pour ne vouloir manquer en aucun cas l’exposition du Grand Palais.

Tableaux somptueux, mis en relief somptueusement dans des salles où l’on respire ce parfum venu d’ailleurs qui traverse le temps.

Tout cela d’une beauté à couper le souffle, d’une beauté tragique quand on lit l’histoire intime de ces quatre qu’on nous montre là, ces jours-ci et jusqu’au 23/01/06.

 

1918 sera fatal à trois d’entre eux.

Ils ne sauront pas quel dragon allait bientôt dévorer l’Autriche.

Seul Kokoschka traversera le vingtième siècle et mourra en 1980.

 

Klimt, le plus connu, si connu, si « anobli » par les années que j’en ignorais qu’il préférait rendre l’argent d’une commande plutôt que de ne pouvoir pas faire ce qui lui plaisait.

Klimt qui a ébloui M., non par ses portraits ou allégories, mais par ses paysages.

Klimt dont bien souvent autour de moi, on loue la lumière d’or, alors que toute son œuvre porte le signe de la mort.

Egon Schiele, sa rébellion, son talent, sa névrose présents dans chaque trait.

Une malédiction permanente qui plane. Stupre et souffrance intérieure qui cohabitent de façon plus criante encore dans ses dessins…

Kokoschka qui se fiche du bon goût et qui marie des couleurs contrastées de façon surprenante, toiles étonnantes sous lesquelles naît déjà son expressionnisme.

Moser le géométrisant, le graphiste, le plus éclectique sur cette période certainement, avec ses accents de couleur déconcertants…

 

Une fin de règne à Vienne, loin des bals de l’Empire.

Noyée sous les dorures, la folie et l’énergie créatrice…

 

Ne nous parlent-ils pas de si près, ces quatre-là, parce que l’air du temps que nous respirons chaque jour dans nos vies sociales a un petit quelque chose du leur ?